Articles/Actualité

 

Métamorphoser le droit de propriété privée des moyens de production de telle façon à ce que celui-ci soit attribué, sans acte d’achat marchand, à une personne aussi longtemps que celle-ci sera en mesure d’y consacrer ses capacités individuelles dans l’intérêt de la collectivité : tel est un des buts ambitieux que s’est donnée l’ONG « Chante Terre » au moment de sa fondation, et qu’elle tente d’appliquer sur le terrain.

Mais comment concilier la liberté d’initiative et la créativité du propriétaire privé d’une part, et « l’intérêt collectif » d’autre part ? Comment gérer ces relations sociales dans la pratique et qui les gère ? Des pistes de réflexion et d’implémentation de cette forme novatrice de droit de propriété privée sont esquissées ici dans leurs grandes lignes laissant entrevoir de nouvelles perspectives de relations aux moyens de production et au capital.

À la date du 20 octobre 2012, la page Wikipedia en langue française relative aux AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) comporte (ou comportait) de nombreuses inexactitudes et omissions sous le titre « historique », principalement quant à l'origine des CSA (Community supported agriculture).

La page en langue anglaise de Wikipedia sur les CSA est nettement plus exacte et complète (http://en.wikipedia.org/wiki/Community-supported_agriculture). Le présent article est une traduction en langue française du passage de cette page relatif à l'historique des CSA, suivi notamment d'un extrait de la page relative à l'historique des AMAP en France.

 

Dans les mois qui suivirent la fin de la Première Guerre mondiale, Rudolf Steiner entreprit de faire connaître en Allemagne les principes d’une tri-articulation de l’organisme social. Fait intéressant, des similitudes existent entre les conceptions du philosophe autrichien et celles de plusieurs grands penseurs de l’anarchisme. Cent ans après son émergence publique, la tri-articulation sociale reste plus que jamais d’actualité. Sa réalisation pratique permettrait à l’Europe de faire face de façon créative aux enjeux sociaux qui se posent avec de plus en plus d’acuité.

{Note de l'éditeur du site : outre la mise en relief de liens (similitudes ou divergences) existant entre tri-articulation de l'organisme social et diverses conceptions de l'anarchisme, cet article met aussi  en évidence des éléments de contexte sociaux et historiques concomitants à l'émergence de la tri-articulation}.

 

 

Les talents des hommes et des femmes

Pour tenter de répondre à cette question, observons tout d'abord la société.
On y découvre des hommes et des femmes qui disposent de talents variés, c’est-à-dire d’une combinaison de connaissances, d’attitudes et d’aptitudes. Chaque personne est dotée d’un ensemble de compétences qui permet de la différencier d’une autre personne.

 

Cheminement vers la liberté

Lorsqu’un individu tend à s’émanciper de son hérédité, de son éducation, de son environnement et qu’il pense par lui-même, il commence à suivre son propre chemin. Cette émancipation l’individualise encore plus et le mène à exercer sa liberté, c’est-à-dire à agir en connaissance de cause, autant qu’il peut comprendre et inscrire ses actes dans le monde. Plus forte sera sa pensée et son aptitude à réaliser ses idées, plus cet homme sera libre et plus il pourra apporter quelque chose de nouveau dans la société.

 La Liberté ramenant aux peuples la Justice et la Vertu - Jean-Jacques Taillasson (Bordeaux, 1745 - Paris, 1809)

Revisiter les romantiques pour éclairer notre époque

 

Ami de Goethe, le poète slovaque Ján Kollár exhortait les peuples à développer un maximum d'interactions culturelles : découvrir leurs littératures et arts respectifs, apprendre les langues de leurs voisins... Il écrivit : « Ce n’est qu’en contemplant l’humanité dans sa totalité qu’on devient humain. »[1] Beaucoup cultivaient alors ces idéaux, qui commençaient à imprégner la société. Malgré ça, un siècle plus tard, les nations s’affrontaient dans la folie de la 1ère Guerre mondiale. Qu’est-ce qui avait changé ?

 

1Reconnaître l'existence de ces trois domaines : vie économique, vie juridique et vie culturelle, cette reconnaissance devant être particulièrement accentuée pour la vie culturelle qui est aujourd’hui asservie par l’économie et le droit. Concrétiser cette reconnaissance par la mise en place d’une autogestion dans chacun de ces domaines.

 

2Assurer l'autogestion de la vie économique via la formation de groupements composés de consommateurs, producteurs et distributeurs. Ceux-ci ont pour objectif de fixer les prix, de régler la production, la circulation et la consommation de biens et services. Cela se fait de la manière la plus avantageuse possible pour l'ensemble des parties, sur base de la compréhension directe des besoins de chacun.
De tels groupements, aussi appelés aussi «associations économiques», sont des organes de perception de la vie économique, permettant notamment la prise de conscience que chacun travaille pour les autres et que personne ne travaille pour lui même.

 

3Créer une sphère juridique autonome réglementant les rapports juridiques, le Droit. La vie juridique concerne ce qui touche les hommes de la même manière, ce qui fait de l'homme l'égal de tous les autres indépendamment de ses facultés individuelles ou de sa situation économique. Elle repose sur une organisation politique-juridique réellement démocratique. La vie économique compte sur ces rapports juridiques élaborés démocratiquement comme des conditions préalables à toute activité économique.

 

4Assurer la liberté et l'autogestion de la vie culturelle (activité scientifique, artistique, religieuse, l'éducation, ...), source intarissable d'impulsions sociales de l'individu agissant dans la vie sociale, y compris dans ses domaines économiques et juridiques. Donner à l'organisation politique-juridique et à l'économie des formes s'harmonisant avec les exigences d'une sphère culturelle libre.

 

L'éducation, longtemps gérée par l'Eglise catholique et l'Etat, se développe de plus en plus sous de nouvelles formes, qu'on appelle pédagogies alternatives. Celles-ci ne s'appuient ni sur l'Etat, ni sur l'Eglise catholique. En ce sens, l'évolution de l'éducation montre une tendance à une réelle autogestion.

 

Pour atteindre cette autonomie, l'éducation sera amenée à se séparer progressivement d'éléments qui ne lui sont pas propres :

- l'état (afin que des idéologies politiques ne dirigent pas la pédagogie)

- les religions (afin que les dogmes religieux n'influencent pas la pédagogie)

- le productivisme (afin que la productivité ne soit pas mélangée à la pédagogie)

- le technologisme (afin que la technologie ne se substitue pas progressivement à la pédagogie)

La vie politique allemande, si longtemps prévisible et sans relief, connaît ces derniers mois de fortes évolutions, qui révèlent les lourdes tensions politiques dues au décalage entre les Allemands et leur classe politique.

Légende de l'image ci-dessus : « Et si tu ne veux pas être un bon Européen, je te frappe le crâne ! » – Caricature circulant sur Internet en allemand pour brocarder la volonté affichée par Martin Schulz d’exclure de l’UE tout pays membre refusant sa métamorphose en « États-Unis d’Europe » d’ici à 8 ans.

 

CONSTAT

 

PERCEPTION DU SYSTEME SCOLAIRE PAR LES FRANCAIS

Dans un sondage exclusif réalisé par l’Ifop pour la fondation pour l’école en avril 2018, les Français révèlent une vision très pessimiste de la question de l’égalité des chances dans notre système scolaire actuel.
Source : http://www.ifop.com/media/poll/4040-1-study_file.pdf

 

A titre d’exemple, 65% des français interrogés et 62% des parents d’enfants scolarisés- considèrent que le système scolaire actuel n’assure pas l’égalité des chances.
Quand on aborde la question des enfants qui ne sont pas aidés chez eux pour les devoirs, 94% des sondés ne considèrent pas que l’école publique offre le meilleur cadre de réussite aux enfants qui ne peuvent pas être aidés chez eux.

 

Six mois après les élections parlementaires allemandes du 24 septembre 2017, le gouvernement de la nouvelle législature prend ses fonctions ce 14 mars 2018. Cette longue période de tractations reconduit un gouvernement de « grande coalition » (« Große Koalition » en allemand, dont le diminutif largement utilisé est « GroKo ») qui réunit les deux grands partis, le SPD et la CDU, ainsi que le traditionnel allié de droite de la CDU, la CSU bavaroise.

 

Après quasiment un semestre de tractations, la montagne n’aurait-elle accouché que d’une souris ?

En réalité, l’enjeu des tractations était capital : répondre au discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron. Dans ce discours, tenu deux jours après les élections allemandes de septembre et clairement tourné vers Berlin, le président français déclarait : « La seule voie qui assure notre avenir […], c’est la refondation d’une Europe souveraine, unie et démocratique. […] Il y a une souveraineté européenne à construire. »

La question posée à l’élite politique allemande était donc : est-ce que l’Allemagne devait suivre le président français dans la voie de la « souveraineté européenne » ?

Le film DEMAIN a marqué les esprits, déclenchant beaucoup d’espoir. Plus d’un million de spectateurs ont vu que la société civile est résiliente. Elle est créative et trouve des solutions en dehors des circuits politiques et financiers habituels. Ce film met en évidence qu’un autre monde est en train de voir le jour. Par contraste, il souligne le décalage avec les modes de pensées des gouvernants dont on voit de plus en plus qu’ils n’ont plus de prise sur le cours des choses.

Cette impression de vie qui jaillit de DEMAIN ne doit pourtant pas nous faire tomber dans un optimisme simpliste. Car beaucoup de questions restent posées dans de nombreux domaines, en particulier dans celui de la monnaie, laquelle est la clé de toute transformation sociale qui voudrait s’inscrire dans la durée. Or ce qui est dit à ce sujet dans le film contient plusieurs problèmes. Il faudrait beaucoup plus qu’un article pour en traiter tous les aspects. Je relèverai seulement trois points.

Le fait que l'instruction publique incombe à l'État après que celle-ci l'ai retirée aux communautés religieuses est aujourd'hui si bien enraciné dans la conscience des hommes qu'il est difficile de la remettre en question sans se faire traiter de théoricien dépourvu de sens de la réalité. Or, le temps est venu où toute la vie culturelle doit pouvoir se libérer totalement du contrôle de l'État et avoir les possibilités de s'autogérer.


 

L'action féconde de l'école et de l'éducation ne saurait se développer qu'au sein d'une vie culturelle libre autogérée. De cette manière, les personnes chargées de l'instruction publique seront libérées des contraintes imposées par un programme pédagogique officiel de l'État en vue de former des citoyens répondant à ses besoins.

La matière de l'enseignement et le but de l'éducation doivent être exclusivement fondés sur la connaissance intime de l'être humain en formation, la reconnaissance et le libre développement de ses aptitudes, le développement du sens social. Au lieu d'appliquer un programme (les êtres humains ne sont pas des robots !), l'activité pédagogique s'inspirera de l'observation directe de la vie.

 On pourra ainsi intégrer dans l'organisation culturelle des spécialistes du secteur économique ou juridique disposant d'une expérience pratique de longue date. Les responsables de la vie culturelle pourront faire des stages périodiques qui leur permettront de garder un contact fructueux avec la réalité pratique. Des échanges permanents entre la vie culturelle et les autres domaines de l'organisation sociale pourront être établis.

Ce libre développement des facultés ne peut se faire que grâce à la liberté dont les éducateurs jouissent eux-mêmes. En effet, la reconnaissance, l'épanouissement des facultés individuelles et leur formation pratique dans un certain domaine dépendent de l'expérience, des qualités personnelles de l'enseignant dans ce domaine et non de critères étrangers. Des hommes sensibles à la réalité sociale ne peuvent être formés qu'au moyen d'une éducation dirigée et gérée par ceux qui ont déjà, eux-mêmes, ce sens social. Or, il est antisocial de faire éduquer et instruire la jeunesse par des gens qui deviennent étranger à la vie et dénués de sens pratique parce qu'ils se voient prescrire, de l'extérieur, le sens et le contenu de leur activité.

Ni l'État, ni la vie économique ne sont habilités à déterminer les qualités requises pour une fonction donnée et de demander à l'organe culturel de développer les connaissances et aptitudes en vue de satisfaire leurs besoins. Au contraire, l'État et l'économie seront contraints à s'adapter aux progrès réalisés dans le domaine de la vie culturelle et à adopter des formes qui puissent s'harmoniser avec les exigences de la nature humaine. De cette manière, l'ordre social pourra s'enrichir des impulsions toujours nouvelles qu'apportent les générations montantes.

Au lieu de subir l'effet paralysant des contraintes provenant des impératifs d'ordre politique et économique, une vie culturelle autonome englobant l'école et l'éducation formera des individus pleins d'énergie et d'enthousiasme au service de la société.

Enfin, l'administration scolaire, l'instauration des cours, les objectifs d'études ne reviendra qu'aux personnes prenant une part active dans l'enseignement ou exerçant une activité créatrice dans un autre domaine de la vie culturelle. Ainsi, ce dont on aura fait l'expérience directement dans la pratique de l'enseignement ou dans tout autre activité intellectuelle et créatrice se répercutera au niveau de l'administration et de la gestion en terme de forces vives.

Chacune de ces personnes partagerait son temps entre l'enseignement ou le travail intellectuel d'une part, et l'administration de l'instruction publique d'autre part.

Alain Morau & Stephan Eisenhut – Die Drei, 10/2017.
Version originale en allemand disponible ici
Version française en PDF téléchargeable ici.

Avec l'aimable autorisation des auteurs
Pour la PARTIE 2 de l'article, cliquez ici.

 

1ère Partie: De l’importance des élections présidentielles françaises de 2017

Cet été Alain Morau a exposé à la Rédaction de Die Drei ses observations sur les élections françaises et son évaluation des arrières-plans de celles-ci. Il en est résulté un dialogue franco-allemand avec Stephan Eisenhut, dont nous voulons présenter le résultat en deux parties. Dans la première partie le regard se porte sur les circonstances de l’élection présidentielle et sur les réseaux agissant  en coulisse. L’exemple d’un parti français parfaitement inconnu est exposé pour montrer que les courants politiques défendant la souveraineté de la France contre une stratégie européenne établie de longue date n’ont aucune chance de se faire entendre auprès du grand public. La seconde partie développera l’opposition historique entre Charles de Gaulle et Jean Monet puis la mise en place de la politique de construction de l’UE par la dissolution systématique de la souveraineté des Etats.

 Version 1.1

Michel Laloux[1]

 

Dans la nuit du 12 au 13 juillet 2015, la « stratégie du choc »[2] a encore frappé et, cette fois, au niveau de toute l’Europe. Un message violent a été asséné aux peuples d’Europe. Ce message est celui qui est répété inlassablement depuis Margareth Thatcher, et même depuis Bretton Woods : There Is No Alternative (TINA)[3]. Les négociateurs Grecs ont cru pouvoir faire bouger les lignes. Ils pensaient qu’une impulsion populaire forte et une habileté tactique suffiraient. Il aura fallu six mois de négociations pour parvenir à la victoire par K.O., la seule méthode que le monde de la finance connaisse. Maintenant les peuples d’Europe le savent : There Is No Alternative. « Avez-vous enfin compris ? », tel est le message qui résonne après cette longue nuit qui a vu les dirigeants grecs capituler sur tous les points importants alors qu’ils venaient d’obtenir un mandat populaire clair pour n’en accepter aucun. Le paradoxe est tellement énorme qu’il souligne encore plus la puissance de la sphère financière. Il montre aussi que celle-ci est au-dessus des peuples et des parlements. Elle affirme sans ambigüité qu’en dehors d’elle, il n’y a point de salut.

Il y avait quelque chose de pitoyable à voir Alexis Tsipras déclarer : « J’assume la responsabilité pour un texte auquel je ne crois pas ». N’est-ce pas une autre façon de dire TINA ?

 

« Ce que nous nommons Nature est un poème scellé dans une merveilleuse écriture chiffrée. Pourtant, l’énigme pourrait se dévoiler si nous y reconnaissions l’odyssée de l’esprit.[1]  »

F. W. v. Schelling

 

Alain Morau & Stephan Eisenhut – Die Drei, 11/2017.
Version originale en allemand disponible ici
Version française en PDF téléchargeable ici.
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Pour la PARTIE 1 de l'article, cliquez ici.

 

2ème Partie: «Europe des États» ou bien «Europe des élites» ?

Comme nous l’avons montré dans la première partie, l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence fut rendue possible par l’action de réseaux qui ont tiré certains fils en arrière-plan. Cette seconde partie retrace l’histoire de ces réseaux en suivant l’opposition entre Charles de Gaulle et Jean Monnet. De Gaulle perçut très bien l’intention de Franklin D. Roosevelt et des milieux qui lui étaient associés de transformer la France en protectorat américain. Après un premier échec dû à la résistance trop forte de de Gaulle, cette intention fut poursuivie par la création de réseaux transatlantiques. L’Europe actuelle de Jean Monnet est l’Europe de ces réseaux. L’avenir du continent dépendra de la capacité de séparer vie de l’esprit et vie juridique afin de préserver les États européens de l’influence des groupes d’intérêts économiques.

Michel Laloux [1]

 

On the night of July 12 to 13, 2015, the "Shock Doctrine"[2] struck again, and this time at the level of Europe. A strong message was firmly delivered to the people of Europe. This message has been endlessly repeated since the time of Margaret Thatcher, and even since Bretton Woods: “There Is No Alternative” (TINA)[3]. The Greek negotiators thought they could shift the lines. They thought that a strong popular impulse and tactical skill would suffice. It took six months of negotiations to reach the knockout victory, by the only method that the world of finance knows. Now the people of Europe know : “There Is No Alternative". “Have you finally understood?", this is the message that resonates after the long night, which saw Greek leaders capitulate on all important points, just when they had just got a clear popular mandate to refuse any of these points. The paradox is so huge, that it further underscores the power of the financial domain. It shows that finance is above peoples and parliaments. It affirms unambiguously that there is no salvation outside of it.

It was pitiful to see Alexis Tsipras declare,"I take responsibility for signing a document that I do not believe in, and that I have to implement". Is this not another way of saying TINA?

C. D. Friedrich, Le matin, 1821-22

 

« Nous avons une Révélation plus ancienne que toutes celles qui sont écrites : la Nature.[1] »

Schelling

Pour l’expérimentation d’une démocratie de la société civile

De nombreux évènements locaux et mondiaux montrent que nous sommes entrés dans une période de changements, voire de bouleversements qui ont un impact dans les domaines scientifiques, technologiques, climatiques, etc. Mais dans chaque cas, nous pouvons nous demander si le changement correspond à une transformation ou s’il procède d’une continuation d’une approche ancienne des choses.

Pour ce qui est de la démocratie, il est indispensable de se poser la question, car le mot changement est bien galvaudé. Quel est le candidat à l’élection présidentielle de 2017 qui ne s’en réclame pas ? En politique, les mots sont vidés de leur sens et deviennent des outils de communication, souvent trompeuse. Par exemple, prenons l’expression Démocratie Participative. Elle a été fortement médiatisée par Ségolène Royal, au temps de la présidentielle de 2007. Depuis, elle est employée dans de nombreux contextes et ceux qui aspirent à une autre gouvernance de la chose publique l’utilisent.

Dépolluer l'économie - Révolution dans la monnaie

 

Aucun gouvernement, Parlement, mouvement politique, État ou peuple, ne peut parvenir à modifier substantiellement les lois ou leurs modalités d’application, ou prendre certaines décisions, sans être immédiatement confronté au verdict des marchés financiers : dans n’importe quel domaine, toute mesure qui leur serait par trop défavorable directement ou indirectement, entraînerait inéluctablement, et ce, dans un délai court, une tendance à la réduction des investissements, à la fuite des capitaux et à une augmentation des intérêts sur les prêts qu’ils consentent.

Tant que ce problème, notamment, ne sera pas « résolu » à sa racine, il demeurera impossible, même avec la meilleure volonté politique et/ou populaire, de sortir des ornières actuelles, qui constituent le terreau dont naissent les crises financières, économiques, sociales, culturelles et environnementales désastreuses que nous connaissons. Ceci est vrai aussi bien pour la Grèce, l'Italie ou n'importe quel pays dans le monde.

Sommes-nous face à une situation définitivement sans issues ou existe-t-il une ou plusieurs solutions crédibles pour sortir de cette impasse ?

Lymphocyte normal (coloration de May-Grünwald Giemsa)

Le grand paradoxe

Derrière l’ensemble des débats et décisions dans le domaine de la santé et de la médecine, aujourd’hui, se cache une grande contradiction scientifique, un grand paradoxe. La médecine reconnaît les faits élémentaires à l’origine de ce paradoxe, mais n’ose pas accepter ses implications inquiétantes et de grande portée. Ainsi, les médias et le grand public sont mal informés, et la médecine et la santé publique poursuivent leurs activités comme si ce paradoxe n’existait pas.

 

Lorsque le mouvement Nuit debout est apparu, je me suis dit: ENFIN !!! Enfin des citoyens se réunissent pour dire non au carcan institutionnel dans lequel ils se sentent enfermés. Puis je me suis demandé : sommes-nous suffisamment réveillés sur la nature de ce carcan? On peut aussi dormir debout. Ou rêver à des lendemains qui chanteront. Par exemple, rêver à une sixième république, qui en appellera une septième, puis une huitième. Nos ancêtres ont attendu jusqu'au seizième Louis. Irons-nous jusqu'à la seizième république pour nous éveiller complètement, pour réaliser que le carcan n'est pas là où nous pensons qu'il se trouve ?

Detoxify the economy 

 

An article by Stéphane Lejoly
Translation : Philippe E. A. Lheureux

 

 French version of this article :

http://www.economiematin.fr/news-depolluer-leconomie-revolution-dans-la-monnaie

 
No Government, Parliament, political movement, State or people, can substantially modify their laws or application modalities, or take certain decisions, without being immediately confronted to the verdicts of financial markets: in whatever domain, any measure which would be too unfavourable to them, be it directly or indirectly, would inevitable lead to, and this within a very short delay, to a tendency to reduce their investments, to withdraw capital and to increase the interest rates on the loans they consent.
 
As long as this problem, amongst others, wouldn’t be “resolved” at its root, it will remain impossible, even with the best political and/or popular vote, to get out of the current rut, which constitute the soil on which flourishes disastrous financial, economic, social, cultural crisis’s such as we know them.
 
Are we in front of a situation with definitely no issue or does there exist one or more credible solutions to get out of this dead end?
 

Liberté, égalité, fraternité

Penser la santé, panser l’économie : la stratégie du confinement 

Deuxième confinement ? ça ne passe pas : remises en cause des mesures, des bases scientifiques de ces mesures, voire des chiffres statistiques qui les justifient grondent de toutes parts.

Fait significatif, je reçois des appels à pétitions dans deux directions opposées : l’une réclame plus de rigueur dans la gestion de la crise, dans le respect des mesures de confinement décidées, pour éradiquer plus efficacement l’épidémie. L’autre réclame au contraire un retour à la liberté de se déplacer, de travailler, de se cultiver estimant que les sacrifices imposés sont plus nuisibles que l’épidémie elle-même.

 

La grande illusion de la scène politique en France est le clivage gauche-droite. Le but de cet article est de contribuer à dissiper cette illusion et à présenter le vrai enjeu de l’heure actuelle : la poursuite de la « construction européenne ». Ce processus de fédéralisation forcée transforme en effet les institutions républicaines de France en scène de théâtre permanent et concentre à Bruxelles un pouvoir politique régissant la vie de 500 millions d’Européens. 

Cette fédéralisation sera présentée dans une perspective historique des expériences de confédération et de fédération aux 18ème et 19ème siècles

 

Il est bien rare, dans les journaux ou à la télévision, d’entendre parler de finance solidaire ou d’économie fraternelle, tant de nos jours la solidarité et la fraternité semblent contraires à la définition même de l’économie. Partout en Europe et dans le monde pourtant, de nombreuses entités œuvrent à la réconciliation de ces notions, cherchant, en période de crise, à redéfinir et à développer sur le terrain de nouvelles manières de faire de l’économie. C’est le cas en France de la société financière La Nouvelle Economie Fraternelle (NEF). Son ambition est même à terme de mettre sur pied un organe européen d’économie sociale et solidaire, qui serait intitulé Banque Ethique Européenne (BEE). Décryptage.

Covid

« Il vaut mieux mourir selon les règles, que de réchapper contre les règles. »

Extrait de L’amour médecin, comédie de MOLIERE (acte II, scène 5)

 

En 1914, les Britanniques affirmèrent entrer en guerre pour voler au secours de la Belgique, pour des raisons humanitaires et en raison du viol de sa neutralité...

À la lumière des faits mentionnés par Terry Boardman lors de sa conférence à Bruxelles le 28/04/2014, il apparaît que les raisons véritables de l'entrée en guerre des Britanniques furent toutes autres !

L'argent a une longue histoire. D'abord émis par les temples, il l'a ensuite été par les Etats. Ceux-ci ont fini par en perdre le contrôle : depuis des années le sort de leurs monnaies se décide sur le marché international. Le résultat est si catastrophique que certains ont tendance à idéaliser le passé. Personne n'envisage bien sûr de redonner à une quelconque église le contrôle d'une monnaie. Nombreux sont par contre ceux qui rêvent d'une restauration du contrôle démocratique. La véritable alternative est ailleurs : travailler à une économie assez responsable pour venir elle-même à bout de problèmes comme l'inflation et la spéculation monétaire. Une proposition serait de donner à l'argent une date d'échéance.

 

« Nous espérons que l’époque du ‘délire de l’esprit’ est révolue et que les mystères et les dissimulations ne seront plus dorénavant encouragés » - Thomas Wakley, fondateur de la revue médicale The Lancet, dans la préface du premier numéro de 1823.[1]

 

 

La vie politique est jonchée d’écueils, dans le domaine des alliances, motivées pourtant par des élans généreux, simplement parce que l’affrontement des égos ne peut pas conduire à des ralliements qui sont considérés comme des échecs, des soumissions, des emprises des uns sur les autres.

C’est juste normal car la politique est un état de guerre permanent, un théâtre d’affrontement d’idées mais aussi de personnalités.

Version 1.1 – Avril 2013

Une partie des dettes ne sera jamais remboursée

Le 28 mars 2013, après plus de dix longues journées de blocage des comptes bancaires de toutes les banques du pays, le gouvernement chypriote décide du scénario qui sera finalement appliqué pour éviter la faillite du système bancaire[1], sur base du plan de l’Union européenne :

  • Dans les deux plus importantes banques du pays, les dépôts bancaires en dessous de 100.000,00€ (montant garanti dans toutes les banques de l’Union européenne), seront exemptés de toute ponction financière.
  • Par contre, les sommes déposées au delà de 100.000,00€, seront transférées vers une nouvelle institution bancaire. Une partie conséquente de ces dépôts (entre 20 et 40% est-il estimé dans un premier temps… ensuite l’estimation porte jusqu’à 60% !) ne sera jamais remboursée aux déposants, mais ponctionnée (et censée rapporter 5,8 milliards d'euros) pour rembourser les créances des deux banques précitées, arrivant à échéance. Il sera possible ainsi d’éviter la faillite pure et simple du système bancaire chypriote. C’est à ces conditions que l’Union européenne accepte in extremis d’accorder un prêt de dix milliards d’euros lui aussi indispensable, pour financer les banques endettées.

Jeudi 11 avril 2013, coup de théâtre :

 

Nous traversons une période de folie collective. Espérons que nous parviendrons un jour à ce constat, les crises permettant parfois, même si ce n'est qu'a posteriori, des prises de conscience salutaires. Espérons même que la singularité de ce confinement forcé puisse d'ors et déjà favoriser l'émergence d'une réflexion individuelle sur cette crise que nous traversons.

Il y a peu, de nombreux mouvements sociaux tendaient ici et là à mettre en lumière différents aspects d'une autre crise, une crise sociétale profonde, appelant des réponses concrètes et urgentes. Du jour au lendemain, tout cela a été disqualifié, marginalisé, anéanti même au profit d'une « union sacrée » de tous les « Enfants de la patrie », d'une « guerre » totale contre un virus.

De part cet écrasement soudain des perspectives, qualifier cette période présente de folie collective peut être perçu par beaucoup comme une dangereuse dissidence. Mais le pire en la circonstance, comme en bien d'autres, serait d'y laisser s'anéantir notre esprit démocratique, en refusant par exemple d'examiner ce qui motive cette expression.

A la demande de participants au congrès pour la tripartition sociale (septembre 2008), une partie des slides portant sur le thème "La Belgique au bord du gouffre ou au seuil de la triarticulation sociale" sont mis en ligne ci-dessous:

Les multiples disfonctionnements de l'économie se cristallisent actuellement en plusieurs points de la vie sociale. Parmi eux, il y a, bien sûr, la dette des États. Cette crise a plusieurs causes et chacune a contribué à lui faire prendre des proportions abyssales. Citons, notamment, l'interdiction pour les Banques Centrales des pays de l'UE, en particulier la BCE, de créer de la monnaie qui serait mise à disposition des États, à taux faibles, voire sans intérêts. Par exemple, la dette française s'élève à près de 1'700 milliards d'Euros. Si, depuis 1973, l'État avait pu emprunter à taux zéro, la dette serait de 250 milliards. La différence est énorme et l'impact sur l'économie serait bien différent. La France ne consacrerait pas la totalité de l'impôt sur les sociétés, soit 45 milliards en 2011, à payer les intérêts annuels de sa dette.

Mais ces faits sont, en eux-mêmes, des causes secondaires, voire tertiaires. Derrière eux, se trouve notre façon de concevoir l'économie. C'est d'elle que tout le reste découle. Or si l'on y regarde de plus près, il s'avère que la pensée économique n'est pas suffisamment précise pour être en mesure de remonter aux causes premières. Nous allons l'illustrer en prenant un exemple particulier.

 

Face au vécu partagé par toute l’humanité sur la planète, surmonter  les inquiétudes est, si ce n’est facile, du moins nécessaire. Des situations individuelles sont tragiques, et les moins bien servis par le « système » sont aussi ceux qui pâtissent le plus de la situation, aux quatre coins du monde.  Les médias, avec des spécialistes qui se succèdent sur les antennes ou dans les colonnes à la une, assènent des vérités contradictoires, tandis que les réseaux sociaux regorgent de remises en cause de ces vérités… Le climat social, s’il ne cède pas à la peur et à l’inquiétude, est tapissé de confusion et de doute.

Comment penser ce qui arrive ? Est-ce d’ailleurs possible ? Sans la clarté d’une pensée raisonnable, appropriable par chacun, qui mette en lumière ce qui se joue, un sentiment d’insécurité s’installe, et nous pouvons être désemparés, car en situation d’impuissance, sans prise sur l’environnement familier  qui nous accompagne habituellement.

Si  la perspective d’atteindre cette clarté  fait aussi défaut, alors c’est tout notre édifice individuel,  bâtit sur la conscience – de nous-même, de notre environnement-  qui peut s’ébranler.

Die Kernpunkte der Sozialen Frage

 

Rudolf Steiner a posé en 1919 les bases conceptuelles de la triarticulation sociale, dans son oeuvre principale relative à la question sociale, Kernpunkte der sozialen Frage (Aspects fondamentaux de la question sociale - 1919).

La table des matières de l'ouvrage est la suivante :

 

Nous ne reproduisons sur le présent site Internet (ci-dessous) que les chapitres 2, 3 et 4 de cet ouvrage. Ils ont été traduits de l'allemant en langue française par un groupe d'étude. Cette traduction française a ensuite été révisée par Sylvain Coiplet en 1999-2001.

 

Le dimanche 11 Mars 2012, une journée sur les alternatives économiques a été organisée par la ferme biologique de la Rauze dans le Lot (France) (Serge, Pascale et Jacques Moulènes).

 

Michel Laloux y fait une conférence dans laquelle il aborde une toute nouvelle façon de concevoir la circulation de la monnaie (toute nouvelle pour l'extrême majorité des êtres humains…). En voici des extraits ci-dessous (la conférence n'est pas reproduite dans son intégralité, certains passages n'ont pas été enregistrés).

 

L'ère industrielle a véritablement décollé après la révolution française c'est-à-dire il y a, à peu près, 200 ans (c'est hier à l'échelle de l'humanité). Assez rapidement, dans l'économie, l'industrie a remplacé l'agriculture qui était pourtant le fondement de ce système. De nos jours c'est l'industrie qui règne en maître sur notre planète, et c'est elle qui dicte ses lois (elle-même, d'ailleurs, remplacée par la finance).

 

Progressivement, elle a imposé ses visions dans un domaine qui lui est pourtant totalement étranger: l'agriculture. En effet, si l'industrie exploite et met en valeur les produits du sous-sol (matière inanimée), l'agriculture, elle, s'intéresse aux productions du sol (matière animée, vivante). Les lois ne sont pas du tout les mêmes (on passe du binaire au ternaire).

 

Note de l'éditeur : L'article ci-dessous est partiellement copié-collé de l’article de Wikipédia en français intitulé "Tripartition sociale" à la date du 31/07/2019, lequel est lui-même partiellement issu de l'article en allemand intitulé « Soziale Dreigliederung ». Nous copions-collons ici cet extrait d'article de Wikipedia car:

  1. Il communique une image d'ensemble résumée assez fidèle de la tripartition de l'organisme social (ou tripartition sociale, triarticulation sociale, de l'allemand Dreigliederung des sozialen Organismus ou soziale Dreigliederung) qui est un concept d'organisation de la société développé par Rudolf Steiner (1861-1925) entre 1917 et 1922;
  2. Les communications de trolls, mensonges et calomnies de toutes sortes se développent de manière exponentielle sur Internet, y compris wikipedia, et il y a lieu de garder une trace de cette image relativement fidèle avant qu'elle ne soit déformée par divers activistes du mensonge... ce qui peut survenir à tout moment ;-)

Stéphane Lejoly

De même que la nature est polluée par une indutrie et des modes de consommations qui ne la respectent pas, de même l'économie est polluée par la financiarisation et la spéculation qui lui sont étrangères par nature.

Ces deux types de pollutions ont des causes communes.


Pour y remédier nous devons développer des outils concrets et une mobilisation citoyenne ciblée.


Dans cette excellente vidéo d'introduction, Michel Laloux nous fait découvrir une nouvelle pensée économique.

L’écrit suivant est inspiré par la vision de Rudolf Steiner, qui a élaboré il y a un siècle une triarticulation de l’organisme social. Celle-ci vise à incarner les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, ayant émergé lors de la Révolution française de 1789.

 

La volonté du peuple grec exprimée dans les urnes a-t-elle des chances d’être entendue par l’Europe ?
Négociations, tractations … deux pas en arrière, un pas en avant ! La Grèce a-t-elle une chance d’obtenir plus que des victoires à la Pyrrhus ?
Pour Michel Laloux, la réponse est non, sauf à changer de logique et à oser prendre les mesures qui la rendraient indépendante de la sphère financière.
Découvrez les 4 mesures proposées par Michel Laloux dans cette vidéo.

53bed31cb74891ae64a31e4c592ef86d

 

Note : l'OMC (organisation mondiale du commerce) remplace le G.A.T.T. (l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) depuis 1995

Certaines formes d’organisation de la vie économique tendent perpétuellement à mettre les hommes dans une attitude de dépendance passive à l’égard d’institutions extérieures ou de l’État. Ces situations de dépendance passive ont pour effet, entre autres, de contribuer à étouffer leur sens social et leur volonté de solidarité, voire aussi de les plonger dans certaines formes de misère économique. Une telle organisation de l’économie peut donc être à l’antipode d’une fraternité économique fondée sur une participation individuelle, plus consciente et volontaire des personnes. Nous examinons dans cet article au moyen de quelques exemples dans le secteur de l’agriculture

(...) « vous pouvez vous apercevoir qu’existe non seulement en France, mais dans d’autres pays aussi, une aspiration extrêmement grande pour que la société civile, prise dans son ensemble, s’empare des questions qui la concernent, et que ces questions ne soient pas seulement réglées de manière extérieure. » (...)

(...) « Nous allons vers une transformation, il y a tellement de choses qui germent un peu partout dans le champ social ; inévitablement à un moment, des changements vont prendre racine » (…)

 

Pour une économie au service de la société.


Le réseau Financité (Belgique) a invité Michel Laloux pour une série de conférences sur le thème Révolutionner la monnaie. La vidéo que vous allez voir a été enregistrée à Soignies le 3 décembre 2015.


Parmi ses activités, le réseau Financité soutient les organisations de la société civile qui créent des monnaies complémentaires en Belgique francophone. Il était demandé à Michel Laloux d’apporter un point de vue contradictoire sur ce thème. Dans cette vidéo, Michel Laloux va le faire en élargissant considérablement la question et en apportant des points de vue nouveau sur la monnaie et sur ce qu’elle pourrait être. Il propose une véritable révolution dans la monnaie, indispensable pour le développement de ce qu’il appelle une Économie à Valeurs Ajoutées Humaines.

 

Et si les circuits courts ne présentaient pas que des avantages ? Un aperçu des dommages occasionnés par certains circuits courts et des pistes de solutions possibles.

Une tentative aussi de répondre à la question : faut-il intégrer les distributeurs au sein des associations économiques ?

Du réalisme sociologique de Rudolf Steiner

Sur le plan des concepts, l'impulsion de la triarticulation sociale n'a pu pour l'instant s'affirmer nulle part (exception faite des cercles anthroposophiques). Mais, paradoxalement dans le domaine des réalités elle est active. Rudolf Steiner a insisté là-dessus en toute netteté.

Dans un discours du 21 avril 1919 à Stuttgart, destiné à inaugurer l'action publique en faveur de la triarticulation, il dit :

"L'évolution de l'humanité a déjà véritablement réalisé dans les faits, lesquels échappent au regard des gens, une grande part de cette triarticulation sociale; simplement, les hommes ne s'adaptent pas à ce qui devient réalité."

Nous vivons à une époque de prix bas. Moins il faut payer pour quelque chose, mieux c’est – ce n’est pas là seulement l’expression d’une opinion générale, mais le dogme scientifique de l’économie d’aujourd’hui. Cette énorme pression sur les prix laisse entre autres toujours moins à disposition de celles et ceux qui travaillent. Et le manque à gagner conduit alors nécessairement à un endettement qui croît partout et devient phénomène omniprésent de moins en moins maîtrisable. La spirale s’est déjà étendue à un tel point, qu’au niveau des États, seule l’injection d’argent nouveau redonne encore une bouffée d’air. L’argent n’a pas seulement au cours du temps reçu une valeur pour lui-même, il est maintenant pour ainsi dire devenu source de vie, enchaînant encore plus l’être humain à son propre égoïsme et le contraignant à la lutte pour l’existence.

 

Comment les êtres humains peuvent-ils s'organiser pour structurer et organiser la vie économique dans un sens mutuellement avantageux pour tous ? Cet article décrit les notions de base relatives aux associations économiques.

Contexte de départ : l’évolution actuelle de la vie économique.

Par la division du travail, toujours plus prononcée au cours des siècles, le travail de chaque être humain devient d’autant plus spécialisé.

L’un produit des billes d’aciers, qu’un autre utilisera pour fabriquer des roulements, ceux-ci à leurs tours utilisés dans des applications très diverses par d’autres travailleurs spécialisés : la réparation de véhicules, l’ouverture et la fermeture de portes, la fabrication de prothèses…

Le trimembrement de l'organisme social

L’Économique, le Juridique, le Spirituel

Pour un organisme social tri-articulé
Une série de Bernard Bonnamour

 

99 ans après la naissance de la Tri-articulation sociale (Dreigliederung), sort le premier film exhaustif consacré aux idées sociales de Rudolf Steiner. Aujourd’hui, saurons-nous enfin tirer partie de ce qui constitue, pour l’humanité en péril, une authentique “troisième voie” ?

Par Michel Laloux[1]

 

On peut caractériser les milieux alternatifs comme ceux au sein desquels on cherche à s'affranchir de la pensée unique et où l'on tente d'inventer des solutions nouvelles aux défis que pose la vie. Bien souvent on voit émerger des propositions pertinentes. Mais parfois, ce sont des idées qui semblent s'imposer comme une évidence au point que l'on s'arrête en chemin, sans les penser jusqu'au bout. Elles peuvent alors agir comme une nouvelle pensée unique au sein de mouvements alternatifs.

 

D’emblée mettons les pieds dans le plat et posons la question suivante : qu’est-ce qu’un circuit « court », qu’est-ce un circuit « long »?

Pour trouver la réponse à cette question, quelques exemples de situations type, bien concrètes, peuvent s’avérer une aide précieuse et vont s'avérer bien surprenants !

 

Du 7 au 13 mars 1919 se tint à Berne le Congrès de la Société des Nations auquel Rudolf Steiner était invité. À cette occasion, c’est-à-dire en marge du déroulement officiel, il donna le 11 mars dans la grande salle du conseil à l’hôtel de ville de Berne une conférence[i] sur les aspects fondamentaux d’une société des nations, au cours duquel des notables furent aussi invités.

Nous publions ici un extrait de cette conférence au cours de laquelle Rudolf Steiner montre que la triarticulation de l’organisme social n’est pas une vue de l’esprit ou une théorie, mais qu’elle constitue un fait. « Et une seule question peut se poser : comment peut-on agencer cette triarticulation de manière adéquate afin qu'il n'en sorte pas un organisme social malade mais en bonne santé ? »

Un certain nombre de personnes militant en faveur du revenu de base, affirment le faire en s'appuyant à l'origine sur les concepts de la tri-articulation sociale (il s'agit selon elles d'appliquer la séparation entre le travail, d'une part, et le revenu, d'autre part, telle qu'elle peut être comprise et mise en oeuvre grâce aux concepts de la tri-articulation sociale).

 

Pour d'autres auteurs, se revendiquant aussi de la tri-articulation sociale, le revenu de base, tel qu'il est conçu et présenté par les premières, est un concept radicalement opposé à la tri-articulation sociale ! Si on pense la tri-articulation elle-même jusqu'au bout, on n'en arrive pas au revenu de base tel qu'il est conçu et présenté dans le film ci-dessous ; celui-ci n'aborderait d'ailleurs pas les raisons les plus fondamentales de la séparation entre travail et revenu.

 

Bonne nouvelle : nous sommes tous des associés économiques !

L’exemple de la relation de réciprocité qui existait autrefois entre les maquignons et les éleveurs dans une vallée alpine montre que, lorsque le territoire est relativement clos, il s’établit des liens économiques respectueux de la « durabilité » de l’activité des uns et des autres. Le marchand de bestiaux ne peut pas ruiner les éleveurs qui le fournissent sans mettre sa propre activité en péril, et réciproquement.

Quand la vallée s’ouvre, car les transports sont plus aisés, que les transactions sont donc moins personnalisées, l’un peut « griller » sa relation à l’autre en faisant un coup si il peut trouver plus loin de quoi faire de nouvelles affaires.

Les relations économiques deviennent opaques, les réciprocités ne se voient plus, la « main invisible du marché » se met en route.

 

Un article du journaliste indépendant Martin Bernard, publié sur son site

 

En France, les élections départementales viennent de se terminer. Que reflètent-elles de l’état de vitalité de la politique française ? La structure profonde du système politique actuel est-elle capable de répondre aux défis urgents auxquels le pays est confronté ? Esquisse sur la nécessaire implantation d’un modèle triarticulé de la société.