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Des extraits importants de l'ouvrage de Rudolf Steiner, "Éléments fondamentaux pour la solution du problème social" (GA23) sont publiés en langue française sur le présent site (cliquez ici). 

 

L'impulsion de la triarticulation sociale entre 1917 et 1923 - Ligne du temps

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L'impulsion de la triarticulation sociale entre 1917 et 1923 - Ligne du temps

 

 

L'impulsion de la triarticulation sociale - Quelques jalons historiques

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L'impulsion de la triarticulation sociale entre 1917 et 1923 - Quelques jalons historiques

 

Quelques sources documentaires

 


 

Citations présentées lors de la session de formation en mai 2026

 

La nécessité d’idées en temps de paix

« (…) Une phrase peut... donner une orientation à la pensée sociale dans l'avenir. Cette seule phrase est celle-ci :

Il suffit de ne pas avoir d'idées en temps de révolutions et de guerres, mais on ne peut pas y suffire sans idées en temps de paix ; car si les idées se font rares en temps de paix, alors des temps de révolutions et de guerres doivent venir. Vous n'avez besoin d'aucunes idées pour la guerre et les révolutions. Pour maintenir la paix, il faut des idées, sinon les guerres et les révolutions arrivent. C'est un contexte spirituel intérieur. Et toutes les déclamations sur la paix ne servent à rien quand ceux qui ont à diriger les destinées des peuples ne s'efforcent d'avoir des idées, tout de suite en temps de paix. Et si elles devaient être des idées sociales, elles devraient même venir d'au-delà du seuil. Si un temps devient pauvre en idées, ainsi la paix s'estompe de ce temps.

On peut dire quelque chose comme ça ; si les gens ne veulent pas le tester, ils ne le croiront simplement pas. Mais le sort terrible du présent dépend de l'incrédulité en de telles choses.

C'est une telle ligne directrice qu'il est extrêmement important d’accueillir pour le présent et le proche avenir. »

Rudolf Steiner
Conférence à Dornach, 24 novembre 1918. -GA185a - Faits historiques - Base du jugement social

 


Woodrow Wilson - Rudolf Steiner : deux conceptions radicalement opposées 

 

Wilson Steiner

 


 

L'École LIBRE

Extrait de la septième conférence du livre
« Bases de la Pédagogie - Cours aux éducateurs et enseignants », Rudolf Steiner - Dornach, le 29 décembre 1921 - Éditions Anthroposophiques Romandes 1988, GA303

(...) ce qui entre au premier chef en ligne de compte dans l'éducation, c'est avec quels sentiments au sujet de l'essence de l'être humain nous côtoyons l'être humain. Et si, grâce à une connaissance de la nature humaine, nous côtoyons de façon juste l'enfant en devenir, alors nous sommes de bons artistes-éducateurs. Et on peut même avancer ce paradoxe : que chacun fasse dans chaque cas particulier ce qu'il veut - chacun organisera bien sa tâche selon ce qu'il trouvera lui-même avoir appris dans la vie - que chacun organise les choses comme il veut, pourvu qu'il apporte ce qui se dépose en son cœur par l'action d'une connaissance juste de la nature humaine, il fera ce qu'il faut, de quelque façon qu'il s'y prenne. - Moi qui suis le leader spirituel[i] de l'École Waldorf, quand je viens dans les classes parallèles - nous avons déjà des classes parallèles à l'École Waldorf en raison de l'afflux d'élèves, quand je viens, donc, dans les différentes classes et que je vois tel maître traiter un sujet d'une façon et tel autre exactement le même sujet de façon toute différente, il ne me viendrait jamais à l'esprit de dire : il faut s'en tenir à telle façon précise de procéder. Au contraire, ce qui paraît tout à fait opposé peut être absolument juste, chaque chose à sa manière. Bien plus, si un maître voulait imiter l'autre, c'est précisément cela qui pourrait être faux. C'est pourquoi il en est ainsi que l'École Waldorf ne porte pas le nom d'« école libre » pour une raison purement extérieure, mais à cause de la constitution la plus intime, la plus libre de son être tout entier. (...)

 


 

En épilogue à la présentation de l'impulsion historique de la triarticulation sociale : préparer l’humanité

« Il ressortait véritablement de la nécessité de notre époque que la science de l’esprit d’orientation anthroposophique soit liée au travail social dans la Fédération pour la triarticulation sociale. Et ces derniers mois, le besoin s’est également fait sentir de rechercher un lien plus étroit entre le social et le spirituel proprement dit.

Une certaine compréhension de cette nécessité a commencé à émerger des profondeurs de la science de l’esprit, en particulier dans notre cercle, et nous avons vu que l’on dispose des éléments qui permettraient de préparer l’humanité de façon qu’elle devienne plus ou moins réceptive à la nouvelle aspiration spirituelle. Nous avons trouvé parmi nous des amis qui ont travaillé à diffuser la vision anthroposophique du monde ici à Stuttgart et dans sa région, et cela a été très satisfaisant. Il faut maintenant espérer trouver une compréhension pour les choses qui aujourd’hui sont socialement nécessaires dans le sens le plus éminent. Il est faux de croire qu’une plus vaste part de l’humanité n’est pas accessible à ces choses. À l’heure actuelle, si nous voulons comprendre ce qui est socialement nécessaire, nous avons besoin d’un mode de pensée formé par les concepts et les idées issus de la science de l’esprit. Car voyez-vous, il y aura dans le présent, à côté de toutes les autres oppositions, cette opposition : pensée juridique romaine, purement logique, et pensée de la science de l’esprit. Cette pensée de la science de l’esprit, qui suit partout la logique des faits, et la pensée romaine, catholique, juridique, qui suit seulement la logique des concepts, seulement la logique humaine égoïste. Et cette pensée ne sera jamais assez forte pour pénétrer dans la réalité.

Une plante en croissance se développe lentement, feuille après feuille. Et celui qui pense que cela va durer éternellement à ce rythme se trompe lourdement. Tout d’un coup il y a une secousse, puis le calice et les pétales se développent rapidement à partir de la feuille. Et il en sera ainsi tant que nous gardons en nous cette force avec laquelle nous pourrons agir spirituellement et socialement. Cela dépend de notre vouloir. Nous aurons peut-être pendant longtemps l’impression d’aller très lentement. Or lorsque tout ce qui peut grandir sera réuni, le tournant viendra d’un seul coup. Mais il ne marchera bien que si le plus grand nombre possible d’hommes y sont préparés. C’est ce que je voulais vous dire maintenant pour résumer en quelque sorte nos travaux de ces dernières semaines, que j’appellerais nos ‘semaines de Stuttgart’. Car il s’agit pour nous de ne pas relâcher nos efforts pour défendre ce qui découle de notre cause elle-même.

Voilà, mes chers amis, ce que je voulais vous dire aujourd’hui, car je crois que ce fer que nous avons forgé jusqu’à présent ne doit pas refroidir, qu’il doit rester chaud. Nous ne pouvons aller de l’avant que si nous avons la volonté d’apprendre, si nous avons le courage d’intégrer ce que nous avons appris dans la vie. Ce n’est que de cette volonté et de ce courage que peut naître la nouvelle devise :

Je veux apprendre, je veux travailler ! Je veux travailler en apprenant ! Je veux apprendre en travaillant ! »

Rudolf Steiner
Source : La lutte de Rudolf Steiner pour l'ordre social de l'avenir - Souvenirs de Hans Kühn – pg 77/148

 


 

Idées principales contenues dans les textes suivants

 

Premier mémorandum

Pour la version complète en allemand : https://www.triarticulation.fr/EltsHisto/Memo01.html
Les idées principales dans le texte du premier mémorandum sont les suivantes :

1. L’Entente présente la guerre comme une agression allemande afin de justifier sa poursuite, mais que cette accusation morale masque les autres causes du conflit. Il affirme que l’Allemagne aurait dû répondre non par des argumentations doctrinales, mais par un exposé simple et direct des faits.

2. L’Allemagne n’était pas, à l’été 1914, prête à prendre l’initiative d’une guerre. Cette affirmation constitue l’un des points centraux de l’argumentation sur les responsabilités du déclenchement du conflit.

3. L’Autriche-Hongrie se trouvait depuis longtemps sous la pression de la question des Slaves du Sud et considérait qu’elle devait agir pour empêcher son affaiblissement. L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et l’ultimatum à la Serbie ne sont donc présentés que comme le prétexte immédiat d’une crise plus profonde.

4. La véritable voie qui aurait pu prévenir l’escalade aurait été une solution internationale de la question slave, fondée sur l’autonomisation et la fédéralisation des différentes composantes de la vie des peuples. La liberté doit engendrer le national, et non l’inverse, faute de quoi de nouveaux conflits seraient inévitables.

5. Une fois l’ultimatum autrichien lancé, le mémorandum estime que l’évolution vers la guerre générale ne pouvait être stoppée que si la Russie restait passive. Dès lors que la Russie entreprenait un pas agressif, l’enchaînement des événements devenait, selon le texte, impossible à arrêter.

6. Du côté allemand, on n’envisageait pas une guerre d’initiative, mais qu’on s’attendait à une guerre devenue probable par l’évolution de la situation européenne. Il ajoute que l’Entente craignait surtout la montée en puissance de l’Allemagne et qu’elle ne voulait pas laisser subsister les rapports de force de 1914.

7. Un point décisif du mémorandum est que l’Allemagne aurait agi différemment si l’Angleterre avait garanti la neutralité française en cas de guerre contre la Russie. Dans cette perspective, l’entrée en Belgique est présentée comme la conséquence de l’échec de la diplomatie allemande à obtenir de l’Angleterre une telle garantie.

8. Le mémorandum reproche aux autorités allemandes de n’avoir pas exposé au monde, de manière psychologiquement efficace et politiquement intelligible, cette lecture des causes de la guerre. Il considère que l’Entente mène aussi la guerre sur le terrain du récit, tandis que l’Allemagne n’a pas su faire valoir les faits d’une manière convaincante hors de ses frontières.

9. Le mémorandum attribue à l’Angleterre une politique de longue durée, réaliste et méthodique, orientée par ses intérêts économiques et par une compréhension supérieure des forces effectives en Europe. Il oppose à cette stratégie anglaise l’insuffisance des réponses allemandes et austro-hongroises, incapables de mobiliser à temps les forces politiques, nationales et économiques adéquates.
{visionner aussi cette conférence : https://www.soi-esprit.info/video/videos-diverses/neutralite-belgique-decision-britanique-guerre-terry-boardman}

10. L’Europe centrale doit opposer au programme de Wilson non pas de simples déclarations, mais un programme réel fondé sur ses propres forces historiques. Ce programme doit montrer concrètement comment la liberté des peuples peut résulter d’une organisation nouvelle de la vie commune, au lieu de rester un slogan abstrait.

11. Le cœur institutionnel du mémorandum réside dans une triple différenciation de la vie sociale : les affaires politiques, militaires et policières relèvent d’une représentation démocratique ; les affaires économiques d’un parlement économique distinct ; les affaires juridiques, pédagogiques et spirituelles doivent être confiées à la libre initiative des personnes et des corporations. Une instance commune de type sénatorial coordonnerait les questions générales.

12. Enfin, le texte conclut que l’Europe centrale n’a réellement que trois options : (1) attendre une victoire militaire, (2) accepter un programme de paix occidental jugé destructeur, ou (3) formuler clairement son propre programme de paix fondé sur la liberté réelle.
Le texte présente cette dernière voie comme la seule capable de préserver l’avenir de l’Europe centrale et d’offrir une paix viable
.

Globalement : Ce mémorandum articule deux thèses indissociables : d’une part, une interprétation des causes de la guerre qui déplace la responsabilité principale loin de l’Allemagne prise isolément et insiste sur la dynamique austro-russe, la question slave et le rôle décisif de l’Angleterre ; d’autre part, une proposition positive pour l’avenir de l’Europe centrale, fondée sur une différenciation rigoureuse entre sphère politique, sphère économique et sphère spirituelle-juridique.

L’ensemble montre qu’une paix durable ne peut naître ni d’accusations morales ni de programmes abstraits, mais seulement d’une organisation conforme aux forces réelles des peuples et de la vie sociale.

 

 


AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement* social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche! Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base (voir la bibliographie sommaire).
* Trimembrement, tripartition ou triarticulation sociale, sont des synonymes. L'expression "trimembrement de l'organisme social" est celle qui traduit le plus fidèlement l'expression allemande "Dreigliederung des sozialen Organismus"

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