dimanche, 27 janvier 2019 19:16

Du hasard et de la nécessité en politique

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La vie politique est jonchée d’écueils, dans le domaine des alliances, motivées pourtant par des élans généreux, simplement parce que l’affrontement des égos ne peut pas conduire à des ralliements qui sont considérés comme des échecs, des soumissions, des emprises des uns sur les autres.

C’est juste normal car la politique est un état de guerre permanent, un théâtre d’affrontement d’idées mais aussi de personnalités.

 

Mélenchon et Hamon en 2017 nous ont montré comment on pouvait transformer une puissante montée de l’expression de besoins d’égalité, de socialité, voire d’écologie,  en un pitoyable éclatement en divergences, incapables les unes ou les autres de constituer à elles seules une vraie alternative, crédible, soutenue par une base indispensable de citoyens.

Aujourd’hui, à l’occasion des échéances européennes, on a l’impression que le trio Yannick Jadot, Ségolène Royal et Benoît  Hamon recommence. Ecologie et souci de considérations sociales, humanisme au sens large, rejet de l’entre soi sont en gros leur ligne commune. Mais aucun des trois n’emporte l’assentiment des autres, c’est-à-dire que chaque fois que l’un serait mis sur le devant de la scène, les deux autres ne se sentent pas en confiance pour être représentés, et sont donc dans l’incapacité réciproque de se déléguer un  pouvoir quelconque.

Jadot Royal Hamon cont


On peut résumer en parlant de guerre d’égos.

Est-ce qu’on est dans une impasse, qui consiste en ce que l’égo, qui comporte aussi l’expression de qualités humaines dont on a besoin pour conduire un mandat représentatif, soit l’empêcheur de cette expression ? Car il ne s’agit pas de nier l’ego. Il fait partie de notre constitution humaine, il apporte des éléments de conscience individuelle au plan collectif, il permet aussi des avancées pour tous.

Il s’agit par contre de faire en sorte que cet ego qui a un côté pile, et un côté face soit canalisé, mis en valeur pour son apport positif et socialement utile, et écarté pour son aspect antisocial.

La démocratie a besoin d’innover, de sortir de ses ornières qui l’empêchent de trouver des perspectives. A défaut, le ras le bol s’installe, les populismes se renforcent sur des idées simplistes, l’entre soi s’organise dans la peur de perdre des acquis, on réclame l’homme – la femme - fort de la situation ; celui-ci ou celle-là sont à la porte avec justement un ego prêt à tout, notamment la prise de pouvoir dictatoriale, celle qui règle tout pour tout le monde : il est plus facile d’agir d’autorité avec une seule voix, soutenue par des intérêts bien gardés et entretenus, que de vouloir intégrer les multiples voix qui font la richesse et la culture sociétale.

Alors là une proposition peut être faite : celle du tirage au sort. Déjà pratiqué dans certains domaines (la justice par ex avec la désignation des jurés d’assise), il pointe son nez ici ou là, on en parle pour régénérer la constitution, bref il est dans l’air du temps. Paradoxal puisque faire appel au hasard, c’est mettre de l’inconscience, là où justement on a besoin de plus de conscience ! Mais cette conscience, lorsqu’elle génère les egos, génère en même temps l’obstacle qui se dresse à sa reconnaissance collective.

Et si Hamon – Mélenchon avaient tiré au sort entre eux pour savoir qui serait parti en campagne ? Et si aujourd’hui, Royal, Jadot, Hamon tiraient au sort pour la campagne européenne ? Bien entendu pas avant d’avoir bossé ensemble pour faire toute la lumière sur le tronc commun et les points de divergence. Hors enjeux liés à l’ego.

Du coup, le tirage au sort ne désignerait pas celui qui prendra le pouvoir sur les autres de façon arbitraire, mais celui qui aura la charge de mener à bien le tronc commun, et la charge plus difficile de mettre sur la table commune les divergences pour qu’elles soient malaxées, retournées, étudiées au plus profond jusqu’à ce que Patrick Viveret appelle en faire des désaccords féconds.

L’heureux tiré au sort aura la responsabilité immense de représenter plus que son camp retranché, mais cela veut dire accéder à un niveau de conscience plus élevé que son seul point de vue ne lui permet pas! Il devient serviteur de tous et non pas le chef de tous. Et redevable des deux autres, qui ne sont pas  laissés sur le carreau, mais sont les ressources indispensables au bon fonctionnement de l’ensemble.

Le paradoxe continue : le hasard qui est non conscience par définition est capable d’engendrer une conscience plus élevée !! Et cette conscience plus élevée surpasse l’égo, s’appuie dessus sans l’exacerber, utilise son potentiel sans permettre à son anti socialité de contrer l’élan social au service duquel il peut se mettre.

Voilà une humble contribution, celle d’un citoyen affligé de voir que les élans de conscience, indispensables pour prendre soin de notre Terre, sont systématiquement  éradiqués par un fonctionnement archaïque (nous avons vu cela aussi avec le court passage ministériel de Nicolas Hulot), auquel nous pouvons proposer un renouvellement, que ce soit dans le domaine de la politique comme ici évoqué, mais aussi dans le domaine de l’économie, ou de la culture.

 

 

 
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AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
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(voir la bibliographie sommaire).

 

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