jeudi, 27 août 2020 20:30

Les rois sont nus - Un événement de la Pentecôte

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« Nous espérons que l’époque du ‘délire de l’esprit’ est révolue et que les mystères et les dissimulations ne seront plus dorénavant encouragés » - Thomas Wakley, fondateur de la revue médicale The Lancet, dans la préface du premier numéro de 1823.[1]

 

Le 4 juin 2020, les revues médicales spécialisées The Lancet[2] et The New England Journal of Medecine (NEJM)[3] retiraient deux articles qu’elles avaient publiés. Ces revues sont parmi les plus réputées dans le monde, The Lancet ayant notamment marqué des générations de médecins et exerçant une forte influence sur les systèmes de santé. Il est extrêmement rare que ces deux revues retirent des articles : cette double rétractation est donc un coup de tonnerre qui pourrait annoncer un changement profond du discours scientifique. Cependant l’évènement en lui-même est en réalité moins important que le processus qui l’a provoqué.

 

Un article explosif

Les publications contestées ont paru dans le NEJM[4] et dans The Lancet[5] respectivement les 1er et 22 mai 2020. La première comptait cinq auteurs, la seconde quatre, mais elles avaient trois auteurs en commun : le Pr. Mandeep R. Mehra (Brigham and Women’s Hospital ainsi que Harvard Medical School, Boston), Sapan D. Desai (Fondateur et Directeur Général de la firme Surgisphere, Chicago) et Amit N. Patel (University of Utah, Salt Lake City et HCA Research Institute, Nashville). Il s’agissait d’études observationnelles sur l’efficacité de thérapies potentielles contre le Covid-19 : des médicaments pour le cœur[6] dans le NEJM et un médicament contre la malaria, la chloroquine ou son dérivé l’hydroxychloroquine (HCQ), dans The Lancet. Ces deux études se basaient sur une banque de données de Surgisphere, la société de Sapan D. Desai. Par ailleurs Desai, Mehra et Patel sont aussi les co-auteurs d’une troisième étude, non publiée mais qui fut accessible sur Internet quelques semaines en avril 2020 :[7] elle traitait de l’efficacité sur le Covid-19 de l’ivermectine, médicament antiparasitaire et reposait également sur les données de Surgisphere.

Ces trois études ont eu des conséquences considérables. Bien que la troisième étude n’ait pas été validée par un comité de lecture, ses résultats positifs eurent pour conséquence que l’ivermectine fut largement utilisée par les pays d’Amérique du Sud.[8] Mais c’est surtout la discussion au sujet de l’HCQ qui est explosive autant sur la scène politique que dans l’opinion publique, essentiellement en France et aux USA.[9] Ce médicament a cependant été utilisé dans de nombreux pays contre le Covid-19, parfois sans autorisation administrative. Cette large utilisation permit de recueillir des données qui firent l’objet de l’étude publiée par la revue The Lancet. La firme Surgisphere fournit soi-disant les données sur 96 032 patients issus de 671 centres hospitaliers sur six continents ; 14 888 patients furent traités par la HCQ associée à l’azitromycine ; le groupe de contrôle fut constitué par 81 144 patients non traités. Après la prise en compte de divers facteurs d’influence, l’efficacité thérapeutique ne fut pas confirmée. Bien au contraire, le taux de mortalité des patients traités par la chloroquine ou l’HCQ était statistiquement significativement plus élevé en raison d’un risque plus élevé de troubles du rythme cardiaque.

 

Un scandale est découvert

Le jour-même de publication, à savoir le 22 mai, de nombreux médias se firent l’écho de ces résultats et rapportèrent la dangerosité apparente de l’HCQ. Le lundi 25 mai, l’OMS annonça la suspension de toutes les études en cours sur l’HCQ.[10] Cependant, à cette date, des critiques sévères avaient déjà paru sur cette publication. Le 23 mai, le groupe « Covid-19 – Laissons les médecins prescrire » exprima ironiquement toute son admiration devant la rapidité de travail des quatre auteurs et ne recensa pas moins de 13 problèmes méthodologiques.[11] Le lendemain, l’anthropologue suisse de la santé, Jean-Dominique Michel, écrivait sur son blog : « Ce qui est sûr, c’est que l’étude du Lancet est de la très, très mauvaise science. Que la plus prestigieuse revue médicale, ayant admis les difficultés éthiques liées à la faible qualité de la plupart des publications, ayant identifié le problème majeur des conflits d’intérêts[12], ose publier un tel papier est à vrai dire assez époustouflant. The Lancet nous fournit ici un exemple emblématique de malhonnêteté scientifique tel qu’il en existe tant - et qui pourrissent de manière systémique le domaine. […] En publiant ce papier indigne d’une revue à comité de lecture, The Lancet prend le risque de voir sacrément mise à mal sa réputation. »[13]

Le 28 mai est publiée une lettre ouverte, signée par 120 scientifiques du monde entier et adressée aux auteurs de l’étude et au rédacteur en chef de The Lancet. Ils demandèrent que Surgisphere explique l’origine des données et qu’une analyse indépendante soit menée. En outre, les accords passés entre Surgisphere et les hôpitaux participant à l’étude devaient être rendus accessibles pour s’assurer que les données avaient été recueillies de manière éthique.[14]

Le même jour, The Guardian rapporta que, pour l’Australie, le nombre de patients décédés dans l’étude était supérieur au nombre communiqué par le gouvernement.[15] Mais ce n’était là que le sommet de l’iceberg. Lors du week-end de la Pentecôte un flot de contributions se déversa sur des blogs privés et sous l’hashtag #Lancetgate sur Twitter pour examiner à la loupe la publication. Un grand nombre de contradictions furent relevées. Ainsi, on remarqua que les données sur l’appartenance ethnique des patients contredisaient les lois de nombreux pays, ou que la saisie des données des hôpitaux africains nécessitait des niveaux de saisie électronique des données et de surveillance cardiaque irréalistes pour ce continent.

L’attention principale se porta sur la société Surgisphere elle-même. On doit s’imaginer le tour de force extraordinaire qu’impliquerait une banque de données concernant 671 hôpitaux du monde entier. Il est en effet nécessaire d’observer les lois de multiples pays pour pouvoir transmettre de telles données sensibles à une firme sise à Chicago. Cela nécessiterait de considérables compétences juridiques, technologiques, linguistiques et bien sûr médicales. Surgisphere aurait donc dû être une entreprise bien organisée avec de nombreux collaborateurs hautement qualifiés. Cependant le site Web de Surgisphere surprenait tout de suite par son design grossier et des erreurs de programmation. Des recherches plus poussées confirmèrent cette première impression. Seulement cinq employés, engagés au trimestre passé, pouvaient être trouvés sur le réseau professionnel Linkedin.[16] La directrice des achats avait antérieurement travaillé comme hôtesse sur des salons professionnels et modèle de nu tandis qu’une soi-disant collaboratrice scientifique se révélait être auteure d’ouvrages de science-fiction.[17]

L’histoire de Surgisphere fut alors reconstituée : Sapan Desai avait fondé la société en 2008, afin d’éditer des manuels pour les étudiants en médecine. Entre 2010 et 2012, parut de manière éphémère la revue de médecine Journal of Surgical Radiology.[18] En 2012, une campagne de don fut lancée par Surgisphère pour soutenir un projet sur la stimulation du cerveau mais seulement 311 $ furent recueillis. L’entreprise s’enfonça dans l’anonymat pendant sept ans pour réapparaître au beau milieu de la crise du Covid-19 : son activité repose maintenant sur le domaine des big data et la formation informatique dans le système de santé. En mars, elle proposa un instrument douteux de diagnostic rapide du COVID 19. Comme du néant surgit donc, début d’avril, l’article rédigé avec Mehra et Patel sur l’ivermectine, suivi par les études parues dans NJEM et The Lancet.

 

Rétractations et questions ouvertes

Les éditions sur Internet du journal France Soir et de la revue The Scientist ont contribué de manière importante au dévoilement progressif de Surgisphere.[19] Les dits « média de référence » sont restés en revanche à l’écart, à l’exception du Guardian ; de même, la réaction de The Lancet fut presque inexistante. Le 30 mai, les auteurs de l’article controversé publièrent quelques corrections en précisant : « Les résultats de l’article n’ont pas été modifiés[20] Jusqu’au 1er juin, cet article resta aussi épinglé en tête du fil Twitter de The Lancet.[21] Cela révèle que la rédaction non seulement ne le remettait pas en question, mais lui accordait aussi une importance toute particulière. Quant à la publication du NEJM, elle se trouvait certes moins au centre de l’attention, mais tout autant critiquable car aucune donnée brute et aucune clarification des problèmes éthiques n’ont été fournies. De même, la rédaction du NEJM se murait dans le silence.

Après la Pentecôte, les digues se rompirent enfin. Les éditeurs des deux revues publièrent, le 2 juin, un « faire-part de préoccupation ».[22] Les rétractations suivirent deux jours plus tard. Cependant, elles ne furent pas émises par les rédactions mais par les auteurs-mêmes. A noter que Desai signa la rétractation du NEJM, mais pas celle de The Lancet. Dans cette dernière, les autres auteurs déclarèrent que Surgisphere avait refusé l’accès aux données et aux contrats : « En tant que chercheurs, nous ne devons jamais oublier notre responsabilité de nous assurer que nos sources de données correspondent à nos standards élevés. En conséquence, nous ne pouvons plus garantir l’authenticité des sources primaires des données. »[23] Pourtant, Mehra et Patel avaient bien stipulé dans l’article rétracté avoir disposé « d’un plein accès à toutes les données des études » et porter « la responsabilité ultime pour la décision de soumission à publication ». On trouve la même déclaration dans l’article du NEJM : « Tous les auteurs ont vérifié le manuscrit et garantissent la justesse et l’intégrité des données mises à disposition ».

Interrogé par France Soir le 25 mai, Mehra expliquait que les données ont commencé à être recueillies dès le 20 décembre 2019 : « La base de données comprend 96000 patients et nous avons effectivement recueilli des données à partir de cette date. Nous avons commencé à regarder l’historique des patients et cela a vraiment commencé à Wuhan. Les premiers patients étaient tous de Chine et un grand nombre avaient été hospitalisés fin décembre 2019. Cependant tous les patients n’avaient pas été traités avec l’hydroxychloroquine. Environ 15 000 patients ont reçu de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine en combinaison ou non d’antibiotiques. Pour finir, l’étude s’est focalisée sur les patients qui avaient terminé un traitement vers mi-avril. […] En fait, il s’agissait donc d’une base de données existante conçue pour l’évaluation des procédures cardiovasculaires et des pharmacothérapies. Cette base de données existe et est utilisée depuis un certain temps. Lorsque la crise du Covid-19 est apparue, nous avons redirigé et recentré l’ensemble de la collecte de données sur le Covid-19 afin de poser les questions critiques. Au début, nous avons étudié la question des risques cardiovasculaires, que nous avons publié dans notre premier article le 1er mai dans le NEJM. […] De plus j’étais personnellement très intrigué en tant que cardiologue par les médicaments comme l’hydroxychloroquine et la chloroquine car ils sont connus pour causer de l’arythmie cardiaque. Voilà d’où vient la véritable impulsion pour examiner ces phénomènes. »[24] Mehra est médecin-chef, directeur du centre de cardiologie au Brigham and Women’s Hospital, professeur de médecine à la Harvard Medical School, auteur de plus de 200 publications dans des revues à comité de lecture et rédacteur en chef du Journal of Heart and Lung Transplantation. Un tel spécialiste aurait-il pu être trompé ? A-t-il lui-même menti ? Si ces données existent vraiment, d’où proviennent-elles ? Et comment ces données de Wuhan furent-elles recueillies si tôt ? Se cache-t-il quelqu’un d’autre derrière Surgisphere ?

Apparemment, la rédaction de The Lancet ne se posa aucune de ces questions. Les excuses des trois auteurs lui suffirent : « Nous nous excusons profondément auprès de vous, les rédacteurs, et des lecteurs pour les éventuels embarras et désagréments qui ont résulté. » Cela suffit pour liquider l’affaire : la rédaction est donc la victime innocente ainsi que les trois autres auteurs. Desai reste le seul fautif. La suspension mondiale des études sur l’HCQ, l’interdiction partielle de ce médicament, l’incertitude d’innombrables malades et de médecins — tout cela est mis sous le compte « d’embarras » et « de désagréments ».

 

La corruption comme problème systémique

Les médias dominants ne posèrent pas de question non plus. Ils rapportèrent certes les rétractations des articles et, après coup, les informations sur Surgisphere. Le journal allemand Der Spiegel réduisit cependant le problème à la « confiance fatale » des autres auteurs à l’égard de Desai,[25] La Süddeutsche Zeitung cita Ulrich Dirnagl, directeur du service de neurologie à la Charité, grand hôpital de Berlin, qui cibla le processus d’examen par les pairs: « Fréquemment cela se limite à un contrôle de réalité sur la question scientifique posée, sur la méthodologie employée et sur les résultats. En temps de pandémie, où chercheurs et revues sont sous une extrême pression pour publier rapidement, le processus de lecture est encore moins en situation d’identifier les fautes et les manipulations. »[26] Cette explication est insatisfaisante, car même le plus superficiel contrôle de réalité n’a pas du tout été produit pour les articles en question. Une panne peut toujours se produire. Deux pannes analogues successives, dans les deux revues les plus en vue dans leur domaine, révèlent cependant un problème systémique. Et lorsqu’une panne complètement évidente requiert 10 jours pour être reconnue comme telle, et que des conséquences importantes se produisent dans ce laps de temps, on est en présence d’un comportement dangereux pour la santé publique.

Depuis les rétractations, l’establishment scientifique se tait d’une manière opiniâtre sur ces fautes. La corruption dans le milieu de la science a cependant plusieurs fois été montrée du doigt, notamment par l’ancienne rédactrice du NJEM¸ Marcia Angeli[27] ou bien par le médecin-chercheur danois Peter C. Gøtzsche.[28] Par exemple, le géant de l’édition scientifique Elsevier (comprenant The Lancet), a concédé en 2009 avoir édité six revues entre 2000 et 2005 qui avaient l’apparence de revues normales à comité de lecture, mais qui étaient en réalité financées par l’industrie pharmaceutique. Ce parrainage ne fut tout simplement pas divulgué.[29] Pour Jean-Dominique Michel, l’événement actuel a cependant une qualité nouvelle : « Avec une question intéressante pour la suite : des mauvaises pratiques comme celle ici du Lancet marchaient sans trop de difficulté tant que cela se faisait dans l’obscurité d’un domaine réservé et donc confidentiel. Ici, les yeux du monde sont braqués sur les revues et je me demande comment elles s’y prendront pour rendre des comptes sur de tels agissements. En publiant ce papier indigne d’une revue à comité de lecture, The Lancet prend le risque de voir sacrément mise à mal sa réputation. »[30]

Il faut donc attendre pour voir dans quelle mesure The Lancet rendra de lui-même des comptes. Cette revue est en effet ambivalente. Elle a ainsi en effet publié en décembre 2019, un article de l’ancienne ministre péruvienne de la santé, Patricia Garcia qui attaque à la racine le problème de la corruption : « La corruption est intégré dans le système de santé. Tout au long de ma vie — comme chercheur, collaboratrice au ministère de la santé puis ministre de la santé — je fus en situation de reconnaître la malhonnêteté et le mensonge profondément enracinés. Bien que la corruption soit un des obstacles les plus importants pour l’introduction d’un service de santé universel, elle fait rarement l’objet d’une discussion ouverte. […] Les décideurs politiques, les chercheurs et les bailleurs de fonds doivent méditer sur la corruption comme un domaine de recherche important, de la même façon donc que nous méditons sur la maladie. Si nous nous efforçons réellement d’atteindre les objectifs d’un développement durable et de garantir une vie en bonne santé, alors la corruption dans le domaine global de la santé ne doit plus rester plus longtemps un secret ouvert. »[31]

Les rois sont nus —depuis longtemps d’ailleurs, et il suffit seulement d’élever la voix pour le dire tout haut. Le succès de l’hashtag # Lancetgate dans les médias sociaux montre que l’heure est venue pour cela. De telles révélations de la corruption intégrée dans la recherche scientifique sont de plus en plus existentielles, notamment face aux campagnes de vaccinations massives et mondiales auxquelles il faut s’attendre.

Die Drei 7-8/2020.

(Traduction Daniel Kmiecik et Alain Morau)

 

[1] http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/3168608.stm

[2] www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31324-6/fulltext

[3] www.nejm.org./doi/full/10.1056/NEJMc2021223

[4] www.nejm.org./doi/full/10.1056/NEJMoa2007621

[5] www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext

[6] Substances vasodilatatrices inhibitrices de l’enzyme de conversion de l’angiotensine.

[7] www.isglobal.org/documents/10179/6022921/Patel+et+2020+version+2.pdf/adf390e0e0-7099-4c70-91d0-0f7a0b69e14

[8] www.isglobal.org/en/helthisglobal/-/custom-blog-portlet/ivermectine-and-covid-19-how-a-flawed-database-shaped-the-covid-19-response-of-several-latin-american-countries/2877257/0

[9] Voir Alain Morau : Le courage de guérir dans Die Drei 5/2020, pp.3-7 {voir aussi ici : https://www.tri-articulation.info/articles/theme/item/237-le-courage-de-guerir}

[10] www.bbc.com/news/health-52799120

[11] https://stopcovid19.today/wp-content/uploads/2020/05/CP-200525-Lancet-Hydroxycholoquine-Chercher-lerreur.pdf

[12] Michel se référait ici à plusieurs publications antérieures dans The Lancet qui thématisaient des problèmes systémiques et la corruption dans la recherche médicale. Voir : Richard Horton : Offline/ What is medecine’s 5 sigma ?, dans: The Lancet, vol. 385 (2015), p.1380 et Patricia J. García : (2019): Corruption in global health: the open secret [Corruption dans la santé globale : le secret manifeste, dans: The Lancet, vol. 394 (2019), pp.2119-2124.

[13] https://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/05/24/hydroxychloroquine-the-lancet-dans-de-sales-draps-306637.html

[14] https://zenodo.org/record/3862789#.XtDIRDo-zaUn

[15] www.theguardian.com/science/2020/may/28/questions-raised-over-hydoxychloroquine-study-wich-caused-who-to(halt-trials-fo-covid-19

[16] undefined et www.medicineuncensored.com/a-study-out-of-thin-air

[17] www.theguardian.com/world/202/jun/03/covid-19-surgisphere-who-world-health-organization-hydroxychloroquine

[18] De manière ironique, Desai publia alors une contribution sur la lutte contre la fraude scientifique dans la recherche médicale. Voir Bhavin Patel, Anahita Dua, Tom Koenigsberger & Sapan Desai : Combating Fraud in Medical Research: Research Validation Standards Utilized by the Journal of Surgical Radiology — https://doi.org/10.3390/publications1030140

[19] www.the-scientist.com/news-opinion/disputed-hydroxychloroquine-study-brings-scrutiny-to-surgisphere-67595

[20] www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31249-6/fulltext

[21] https://web.archive.org/web/20200601042530/https://twitter.com/TheLancet

[22] www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS0140-6736(20)31290-3/fulltext et www.nejm.org/doi/full/10.1056/NJEMe2020822

[23] www.thelancet.com/journals/lancet/articl/PIIS0140-6736(20)31324-6/fulltext

[24] www.francesoir.fr/opinions-entretiens-societe-sante/interview-exclusive-mandeep-mehra-hyrdoxychloroquine-pas-efficace

[25] www.spiegel.de/wissenschaft/medizin/corona-zurueckgezogene-covid-19-studien-das-steckt-hinter-der-datenbank-von-surgisphere-a-3f5986b8d9d6-492f-a562-81d3bccbe4fa

[26] www.sueddeutsche.de/wissen/wissenschaft-the-lancet-zieht-studie-zu-chloroquin-und-co-zurueck-dpa.urn-newsml-dpa-com-20090101-200605-99-314072

[27] Marcie Angeli : The truth about the drugs compagnies. How they deceive us and what to do about it [La vérité sur les compagnies pharmaceutiques. Comment elles nous dupent et que faire à ce propos] Nesw York/NY 2005.

[28] Peter C. Gøtzsche : Tödliche Medizin und organisierte Kriminalität. Wie die Pharmaindustrie unser Gesundheitswesen korrumpiert [Médecine meurtrière et criminalité organisée. Comment notre industrie pharmaceutique corrompt notre système de santé] Munich 2016.

[29] www.the-scientist.com/the-nutschell/else-published-6-fake-journal-44160vier

[30] Voir la note 13.

[31] Patricia J. Garcia : Corruption health : the open secret, voir la note 12.

 

 

 

 

COMMENTAIRE : Quelques aspects « positifs » liés à la crise du coronavirus

 

Parmi des éléments qui peuvent s’avérer in fine relativement « réjouissants », relatifs à la grave crise sanitaire (ainsi que la crise sociale, économique et politique qui en résultent ou en résulteront), il faut pouvoir observer que se développe une prise de conscience accrue, au moins au sein d’une partie du public relative :

  • à la complexité et aux limites auxquelles est confrontée la démarche scientifique, notamment dans le domaine de la santé ;
  • aux divergences de vues qui peuvent exister entre scientifiques ;
  • aux dysfonctionnement internes aux institutions scientifiques elles-mêmes ; aux rapports parfois (souvent ?) incestueux existants entre scientifiques, intérêts économiques ou pouvoirs politiques et médias.

Tous ces éléments préexistaient évidemment à la crise du covid-19. Elle ne fait que contribuer à faire monter à la surface ce qui demeurait encore trop voilé.

Les deux premiers points nous renvoient principalement à des questions épistémologiques fondamentales : qu’est-ce que connaître ? Pouvons-nous « réellement » connaître quoi que ce soit ? Si oui (et encore faut-il fonder ce « oui »), comment y parvenir ?

La crise dite du « coronavirus » renvoie avec une certaine « virulence » chaque être humain à la nécessité d’approfondir très sérieusement et sans relâche ces questions, en refusant de s’en remettre aveuglément à des autorités scientifiques extérieures ou en prenant parti, pour ou contre tel ou tel professeur, conception ou théorie ; en développant au contraire continuellement une démarche de questionnement et de recherche active.

Le troisième point renvoie principalement à des questions sociétales, celles qui concernent notamment l’organisation globale de la société, de l’État, des institutions scientifiques, la liberté thérapeutique, etc.

 

Pour en revenir aux deux premiers points, ceux qui concernent principalement des questions épistémologiques, on lira notamment les articles ou ouvrages suivants :

  • « La Querelle Raoult (Série) : A la recherche de la raison dans la controverse sur l’hydroxychloroquine » - Cet article du statisticien Marc Rameaux est certes relativement technique, mais il montre brillamment en quoi « il est stérile et inexact d’opposer la démarche randomisée, la démarche observationnelles et le raisonnement causal. Ces trois termes sont le trépied sur lequel s’appuie la preuve. Une preuve solide combine les trois, en les faisant s’alterner ».  
    Les oppositions et polémiques qui se manifestent actuellement sont l’expression de points de vue particulièrement unilatéraux. « Les lynchages à l’emporte-pièce sont devenus le symbole de l’abaissement intellectuel de la nation et sont le fait d’esprits faibles. La criticité de la situation mériterait plus de dignité ».
    Les personnes qui ne veulent pas prendre connaissance d’articles tels que celui-ci, ou qui en en prenant connaissance ne sont pas en mesure d’en saisir le fond, alors que de tels contenus sont indispensables pour mieux comprendre les méthodologies qui sont mises en œuvre dans le milieu de la recherche scientifique (dans le domaine médical), ainsi que leurs forces et leurs faiblesses, seraient particulièrement bien inspirées de… se taire. S’exprimer au sujet d’une chose, à l’oral ou par écrit, lorsqu’on ne la connait pas, provoque forcément des effets plus ou moins dévastateurs.
  • « La philosophie de la Liberté » de Rudolf Steiner, qui s’efforce notamment de répondre à la question : « qu’est-ce que connaître ? » sur base d’une observation non prévenue (c’est-à-dire sans préjugés) de l’acte de connaissance lui-même.

Stéphane Lejoly

 

 

 
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AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base
(voir la bibliographie sommaire).

 

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