mercredi, 01 mai 2019 10:29

Révolutionner la monnaie

La triple circulation monétaire, clé d'une transformation de l'économie

 Séminaire avec Michel Laloux
Auteur de La Démocratie Évolutive et de Dépolluer l’économie
Namur - Dimanche 2 juin 2019 - 09h30 - 17h00

L’Économique, le Juridique, le Spirituel

Pour un organisme social tri-articulé
Une série de Bernard Bonnamour

 

99 ans après la naissance de la Tri-articulation sociale (Dreigliederung), sort le premier film exhaustif consacré aux idées sociales de Rudolf Steiner. Aujourd’hui, saurons-nous enfin tirer partie de ce qui constitue, pour l’humanité en péril, une authentique “troisième voie” ?

Publié dans Articles/Actualité
vendredi, 01 juillet 2016 22:07

La monnaie de DEMAIN

Le film DEMAIN a marqué les esprits, déclenchant beaucoup d’espoir. Plus d’un million de spectateurs ont vu que la société civile est résiliente. Elle est créative et trouve des solutions en dehors des circuits politiques et financiers habituels. Ce film met en évidence qu’un autre monde est en train de voir le jour. Par contraste, il souligne le décalage avec les modes de pensées des gouvernants dont on voit de plus en plus qu’ils n’ont plus de prise sur le cours des choses.

Cette impression de vie qui jaillit de DEMAIN ne doit pourtant pas nous faire tomber dans un optimisme simpliste. Car beaucoup de questions restent posées dans de nombreux domaines, en particulier dans celui de la monnaie, laquelle est la clé de toute transformation sociale qui voudrait s’inscrire dans la durée. Or ce qui est dit à ce sujet dans le film contient plusieurs problèmes. Il faudrait beaucoup plus qu’un article pour en traiter tous les aspects. Je relèverai seulement trois points.

Publié dans Articles/Actualité

 

Pour une économie au service de la société.


Le réseau Financité (Belgique) a invité Michel Laloux pour une série de conférences sur le thème Révolutionner la monnaie. La vidéo que vous allez voir a été enregistrée à Soignies le 3 décembre 2015.


Parmi ses activités, le réseau Financité soutient les organisations de la société civile qui créent des monnaies complémentaires en Belgique francophone. Il était demandé à Michel Laloux d’apporter un point de vue contradictoire sur ce thème. Dans cette vidéo, Michel Laloux va le faire en élargissant considérablement la question et en apportant des points de vue nouveau sur la monnaie et sur ce qu’elle pourrait être. Il propose une véritable révolution dans la monnaie, indispensable pour le développement de ce qu’il appelle une Économie à Valeurs Ajoutées Humaines.

 

 


La conférence a été suivie par des échanges avec les participants:

 

 


Du même auteur et vivement recommandé, le livre suivant accessible via le site http://www.democratieevolutive.fr : Dépolluer l'économie - Tome 1 - Révolution dans la monnaie.

Une description de ce livre, incontournable pour comprendre les dysfonctionnements du système monétaire et de la monnaie, et surtout des remèdes opérationnels, est accessible sur le présent site en langue française : Révolution dans la monnaie.

Pour les autres articles, conférences et séminaires du même auteur, voir notamment la liste ci-dessous.

 

Liste d'articles et vidéos liés au thème de l'argent et/ou la dette : 
> La monnaie de DEMAIN - (2016) - Michel Laloux
> Révolutionner la monnaie pour une économie au service de la société. Il y a-t-il un lien avec les monnaies locales ? Vidéo ***
(2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo *** - Michel Laloux
> Monetary solutions for a Europe in crisis - (2015)
 - Michel Laloux
> Solutions monétaires pour une Europe en crise (ARTICLE) - (2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo ***
- Michel Laloux
> Révolution dans la monnaie
(2014) - Stéphane Lejoly
> Groundbreaking and revolutionairy ideas in the monetary system - (2015) - Stéphane Lejoly
> L'argent alternatif - Contrôler la croissance (2004) - Sylvain Coiplet
> La Nef et l’économie sociale et solidaire. Vraies alternatives pour l’économie de demain (2013) - Martin Bernard
> Crise de la dette: un déficit de la pensée économique ? (2012) - Michel Laloux
> Comment dépolluer l'économie ? Vidéo*** - (2013) - Michel Laloux
> Cerner la nature de l’argent : un des enjeux majeurs de la catastrophe chypriote (2013) - Stéphane Lejoly

Articles sur d'autres sites :, avançant des concepts proches :
> Supprimer l’intérêt, et réformer le système monétaire - Martin Bernard

 

AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base
(voir la bibliographie sommaire).

 

Cet article Licence Creative Commonsest mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.  Vous n'avez pas le droit d'en faire une utilisation commerciale, ni de le modifier, de l'adapter ou de le transformer.  Toutefois, vous êtes libres de partager, reproduire et communiquer le présent article, à la condition de mentionner sa source (le site www.tri-articulation.info et le cas échéant, l'auteur de l'article), sans suggérer que vous ou votre utilisation de l'article êtes approuvés.  N'importe laquelle des conditions ci-dessus peut-être levée, si vous avez l'autorisation du titulaire des droits.

 

 

Publié dans Articles/Actualité

Lundi 23 novembre 2015, 19h30 - Organisé par Lien en Pays d'Oc

A la petite Fabfriek à Froyennes (Région de Tournai - Belgique) • Le 1er décembre 2015 à 20h

Salle Victor Jara à Soignies (Belgique) • Le 3 décembre 2015 à 20h

18/01/2016 - Hôtel de Ville d'Avignon (Vaucluse), 18h - Organisé par le cercle Condorcet de Vaucluse

jeudi, 24 septembre 2015 22:00

Monetary solutions for a Europe in crisis

Michel Laloux [1]

 

On the night of July 12 to 13, 2015, the "Shock Doctrine"[2] struck again, and this time at the level of Europe. A strong message was firmly delivered to the people of Europe. This message has been endlessly repeated since the time of Margaret Thatcher, and even since Bretton Woods: “There Is No Alternative” (TINA)[3]. The Greek negotiators thought they could shift the lines. They thought that a strong popular impulse and tactical skill would suffice. It took six months of negotiations to reach the knockout victory, by the only method that the world of finance knows. Now the people of Europe know : “There Is No Alternative". “Have you finally understood?", this is the message that resonates after the long night, which saw Greek leaders capitulate on all important points, just when they had just got a clear popular mandate to refuse any of these points. The paradox is so huge, that it further underscores the power of the financial domain. It shows that finance is above peoples and parliaments. It affirms unambiguously that there is no salvation outside of it.

It was pitiful to see Alexis Tsipras declare,"I take responsibility for signing a document that I do not believe in, and that I have to implement". Is this not another way of saying TINA?

Most economists have since expressed that this is a bad deal, that it will not resolve the problems, that it will probably exacerbate them, and in the end, Europe as a whole will pay the price of it, not only economically but also in terms of social cohesion. In addition, old cliches about German imperialism soon resurface. As always, we look for a scapegoat. But whether the TINA discourse is expressed more strongly through the mouth of a German, or a Finnish or any other people, is of secondary importance. In any event, it will be expressed. And for sure, all the Eurozone Heads of State congratulated themselves for having reached an agreement. They all wanted it, even Alexis Tsipras. For all had come to the same conclusion: There Is No Alternative.

The worst is that they are right. As long as we stay within the framework imposed by the financial system, there are no other possibilities. Those who claim the contrary, those who think that we could take certain measures, that we could temper the requirements of finance, they are all dreamers, like the Syriza members of Parliament, when they came to power. For this political power will always be that of the powerless, who will ultimately debase their claims.

So, should we, as French President François Hollande calls for, rush headlong into a government of the Euro area? In listening to him (and he is not the only one), the root problem arises from a lack of democracy and democratic governance. Is this not surrealistic? Here is a president who himself has capitulated to the logic of finance, and now he claims that we would do better if we tried the same on the floor above! If the foundations of a building are not properly anchored to the ground, and a seismic shock occurs, can we expect a better refuge on the upper floors? Or will we only have a higher place to fall from?

Let us face the reality: the problem will never be solved by the democratic game, unless we simultaneously resolve the problem of finance. The Greek government just gave the example of this. They had all the democratic cards in hand, and yet they lost the game.

But what is the problem of finance? It is surprisingly simple. It is not necessary to express it in terms of complex equations or sophisticated curves. The financial sphere is problematic because we need it. We do not know how to make do without it. If we try to go against it, to take measures which thwart it, it says, "Okay, go ahead! But capital will flee. You will not get any more capital. And when you will ask for some capital, it will return, but at a higher rate, and with conditions that are more difficult to meet". This unchanging discourse is always sufficient to rein in any head of government.

The question that arises therefore is this: isn’t there another way to finance economic activity? Will we always be dependent on accumulated capital? To answer this question, it should be noted that this type of capital results from past actions, whether they come from savings or speculation.

When such capital is invested in a new project, it does not provide any guarantee as to the success of the project. It can just as easily be swallowed up if the company goes bankrupt. In this sense, it offers nothing more than the funds that would come from a monetary creation, such as from a bank loan. If there is such a bank loan, and if the business grows, the loan will be repaid at some time, and the borrower’s dependence vis-à-vis the lender terminates by itself – which is not the case with corporate capital, which remains the property of the investors. In essence, capital resulting from an accumulation brings nothing that the bank loan cannot do. However, accumulated financial capital possess a coercive power, against which all other powers prove impotent.

Taking this fact into consideration, leads us to a whole new approach to the banking system and money. Capital provided from savings and speculation creates a dependency to the past. We should look towards what I call a future-oriented money, for everything related to financing the economy, whether it is financing enterprises or the State. This implies a redefinition of the bank's functions.

First of all, there should be a separation between deposits and transfers, on the one hand; and financing, on the other. The deposits and transfers correspond to the current monetary circulation, that we might call Consumption Money, which would be managed by a Bank of Consumption Money. Financing represents the allocation of Financing Money, issued through what we might call Institutes of Financing, which would be the institutions for managing this second circuit. The rules that determine the functioning of these two types of institutions would arise from the very nature of each of these distinct monetary circulations.

This approach goes much further than the famous Glass-Steagall Act of 1933[4], which was exhumed during the subprime crisis, but which we rushed to bury again. So the problem of finance remains, and the Greek debt crisis is there to remind us of it. The issues thus raised are far more fundamental, than we perhaps think they are. We did not manage to address them in 2008; they therefore reappeared in another form: in the current European psychodrama. These unaddressed issue will rear up again and again, in other crises that are already looming.

We have no alternative, but to put aside our old conception of the money, and to build a new one, which stems from what the events themselves teach us, if we are willing to listen to them. As an example, let us consider the situation of Greek banks. It is planned to recapitalize them through a loan to Greece of 25 billion Euros, with interest on top, which will further burden the budget of this country. These 25 billion Euros are unblocked to avoid bankruptcy of the banks. They should allow these institutions to: (1) restore depositors’ confidence, and prevent bank runs and capital flight; and also (2) they intend that banks make loans to businesses and individuals, thereby facilitating a restart of the Greek economy.

Let us examine these two issues from a new conception of money:

1. Financing the real economy

Concerning the financing of the real economy, we saw that it should be done on the basis of a future-oriented money, that is to say a 100% monetary creation, realized by the Institutes of Financing, which we already mentioned[5]. It is the quality of the projects of enterprises that will guarantee the repayment of the loans. If the staff of the Institutes of Financing properly evaluate the feasibility of entrepreneurial projects, the maximum reimbursement default by the enterprises working in the real economy should be less than 5%. In other words, the balance of loans that work represents a large surplus. In any case, if we want the money supply to be balanced, every monetary creation through a loan has to be followed by a corresponding monetary destruction, which should happen when the loan is reimbursed. We therefore have to foresee the monetary destruction of loans that would not be reimbursed by Greek enterprises. If the reimbursement rate is higher than 95%, a mutualization of risk is possible, and an insurance technique would guarantee that the Institutes of Financing get back the totality of their loans.

From the perspective of the real economy, it is thus possible to develop new banking methods to restart the Greek economy. There is no need to ask for European funding, and further burden the Greek State, which already has enough to do, never mind taking up the charge of a 25 billion Euro debt.

The role of the Greek government could be limited to encouraging the birth of such Institutes of Financing, either by allowing competent actors of civil society to create them, or by requisitioning some of the existing banks, and asking them to reestablish themselves as independent institutes. In both cases, these new facilities should have a public service status, which we will not detail here.

2. Preventing bank runs and capital flight

Regarding massive withdrawals of capital, here too we would have to revisit our understanding of Consumption Money. It would need much more than an article to examine the different aspects of the issue. To illustrate one of them, let us go back to Greece, in a very concrete and current context.

Take the case of Mrs. Athena and Mr. Socrates. They worked the entire month of June and each one received a salary of €1,000 which was transferred into their accounts on the last day of the month. From July 1, the bank remains closed and they only can withdraw €60 at the ATM. They hear lively discussions in the street. Some claim that the bank has no more money. “But how is that possible?” they say to themselves. “The transfer has arrived. The money is in my account. How could the bank not have it any more?”.

An informed reader might smile at such naivety. Yet, there is more common sense that we would think in this naive reaction of Mrs. Athena and Mr. Socrates. It even contains the solution to one of the major problems of the banking system. We came close to it at the time of the subprime crisis, when the Glass-Steagall Act mentioned above was again spoken about. But even at the level of research, the root of the problem was not sufficiently addressed, at least to my knowledge.

Indeed, if the bank of Mrs. Athena and Mr. Socrates would only deal with the management of the deposits and transfers, it would not be in the current situation of the Greek banks. It would be a mere registration chamber of inputs and outputs on depositors' accounts. In other words, it would only deal with the money that is used for everyday expenditure, which I call Consumption Money. This would eliminate any possibility of Bank run. In fact, if a Bank of Consumption Money were to terminate its activities, or even go bankrupt, depositors’ accounts would be transferred to another facility, exactly like in the case of a company that changes its chartered accountant. Its bookkeeping goes from one audit firm to another, without the accounts being affected.

Starting with simple facts, we come to see the function of money in what it should be in essence: just accounting. It exemplifies what happens in the real economy, when producing, buying and selling. As soon as it goes beyond its role of enabling reciprocal exchange (like when it enters into the speculative sphere), money becomes a commodity, instead of only being a measuring instrument. In some way, it becomes judge and jury. It loses its neutrality and is subject to variations, as if the length of a meter could vary, depending on whether it measures fabric, wood or metal.

But what is that money accounts for? It records rights to consume. Whether I use a bank note or a bank card to pay for a purchase, the seller and I are enrolled in a set of rules and conventions related to the unit of account that we use, the Euro for example. We are therefore in the field of law.

If we well understood the nature of money, as a right to consume, we would realize that the question of an exit by Greece from the Eurozone, is a badly put question. Greece, as a member of the European Union, has the right to free circulation of goods, and so is it entitled to use the euro as a unit of account. Did Greece manufacture counterfeit money? Has she cheated with the rules of the Euro as a Consumption Money? No! The economic and financial problems come from another monetary circulation, the one relating to the financing of economic activity.

Now, these two circulations, that of Consumption Money and that of Finance Money are always reduced to one. This is clearly visible in the banking system, and this is what causes the disorganization of an economy, especially that of Greece. This fused circulation influences how the Greek crisis is addressed by countries of the Eurozone. The Greek debt relates to Financing Money. The question of Financing Money should be addressed directly for itself. To link it to the membership of the Eurozone is a monetary nonsense, because money would thereby not be considered as a unit of measurement, i.e. falling within the field of law.[6]

If the Greek State defaults on its debt, this should not prevent Mrs. Athena accounting for her purchases in Euros. If the accounting is done in compliance with the rules, there will be no damage to the Eurozone. On the contrary, it is in the interest of companies belonging to that zone to continue to trade with Greek companies, in good conditions. In reality, the Eurozone has no interest in a Grexit. It would have everything to lose.

So, what is the solution? Instead of putting Greece into debt, through the recapitalization of its banks, the European countries would do better in helping the Greek government to implement Banks of Consumption Money, which have a public service status. This operation could be done by converting part of the existing banking infrastructure into nonprofit autonomous units. The accountancy related to their own expenses and revenues would be completely separate from that of depositors’ accounts. I describe this functioning in detail in my book, Decontaminating the economy[7].

Other measures would concern the status of corporate profits and of rents. They are described in the video: “4 measures for saving Greece”[8]. Each measure involves revisiting the concept we have of these notions.

In this article, I wanted to draw attention to a method of approach regarding the question posed by the Greek situation. The problem is systemic and appears to be very deep. In reality it affects all countries of the world, especially those in the Eurozone. Addressing it through a systemic way of thinking would be to say, the common money is in trouble. Is it the word common that is the problem, as many believe, or is it the word money?

 

Translated from the original French, by Raymond and Helena Aitken,

5 September 2015

 

 

[1] Michel Laloux is an economist and philosopher of education. His research focuses on new social forms in which civil society plays a central role. He has published, among other books, Evolutive Democracy Editions Yves Michel and Decontaminating the economy (see note 7). His website is: www.democratie­evolutive.fr

[2] Naomi Klein, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism, published by Penguin.

[3] There is no alternative (shortened as TINA) was a slogan often used by the Conservative British Prime Minister Margaret Thatcher. In economics, politics, and political economy, it has come to mean that "there is no alternative" to economic neoliberalism.

[4] In the USA, the 1933 Banking Act, known as Glass­Steagall Act imposed, in particular, a separation between the functions of the deposit banks and the investment banks. Little respected, especially since 1970, it has been abrogated in 1999, under the presidency of Bill Clinton.

[5] Let us remember that, according to the Bâle III agreements, the traditional banks create in any case up to 90% of the money that they lend out.

[6] It is this confusion on the nature of money which leads several economists to think that Greece should exit the Eurozone. In their opinion, Greece would then have the possibility to use devaluation as an adjustment variable of its unbalanced economy.

This type of reasoning is like saying that the remedy to global warming is to modify the thermometers. It looks like we have not learned all the lessons from the failure of Bretton Woods.

[7] Michel Laloux, Dépolluer l'économie, Tome 1: Révolution dans la monnaie, Démocratie Évolutive 2014. Raymond and Helena Aitken are working on the translation into English. It will be published in Januar 2016 under the title Decontaminating the economy - Volume 1: A monetary revolution.

[8] 4 measures to save Greece: http://youtu.be/­kwXy5rLMuo

 

 

Liste d'articles et vidéos liés au thème de l'argent et/ou la dette : 
> La monnaie de DEMAIN - (2016) - Michel Laloux
> Révolutionner la monnaie pour une économie au service de la société. Il y a-t-il un lien avec les monnaies locales ? Vidéo ***
(2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo *** - Michel Laloux
> Monetary solutions for a Europe in crisis - (2015)
 - Michel Laloux
> Solutions monétaires pour une Europe en crise (ARTICLE) - (2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo ***
- Michel Laloux
> Révolution dans la monnaie
(2014) - Stéphane Lejoly
> Groundbreaking and revolutionairy ideas in the monetary system - (2015) - Stéphane Lejoly
> L'argent alternatif - Contrôler la croissance (2004) - Sylvain Coiplet
> La Nef et l’économie sociale et solidaire. Vraies alternatives pour l’économie de demain (2013) - Martin Bernard
> Crise de la dette: un déficit de la pensée économique ? (2012) - Michel Laloux
> Comment dépolluer l'économie ? Vidéo*** - (2013) - Michel Laloux
> Cerner la nature de l’argent : un des enjeux majeurs de la catastrophe chypriote (2013) - Stéphane Lejoly

Articles sur d'autres sites :, avançant des concepts proches :
> Supprimer l’intérêt, et réformer le système monétaire - Martin Bernard

 

AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base
(voir la bibliographie sommaire).

 

Cet article Licence Creative Commonsest mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.  Vous n'avez pas le droit d'en faire une utilisation commerciale, ni de le modifier, de l'adapter ou de le transformer.  Toutefois, vous êtes libres de partager, reproduire et communiquer le présent article, à la condition de mentionner sa source (le site www.tri-articulation.info et le cas échéant, l'auteur de l'article), sans suggérer que vous ou votre utilisation de l'article êtes approuvés.  N'importe laquelle des conditions ci-dessus peut-être levée, si vous avez l'autorisation du titulaire des droits.

 

 

Publié dans Articles/Actualité

 Version 1.1

Michel Laloux[1]

 

Dans la nuit du 12 au 13 juillet 2015, la « stratégie du choc »[2] a encore frappé et, cette fois, au niveau de toute l’Europe. Un message violent a été asséné aux peuples d’Europe. Ce message est celui qui est répété inlassablement depuis Margareth Thatcher, et même depuis Bretton Woods : There Is No Alternative (TINA)[3]. Les négociateurs Grecs ont cru pouvoir faire bouger les lignes. Ils pensaient qu’une impulsion populaire forte et une habileté tactique suffiraient. Il aura fallu six mois de négociations pour parvenir à la victoire par K.O., la seule méthode que le monde de la finance connaisse. Maintenant les peuples d’Europe le savent : There Is No Alternative. « Avez-vous enfin compris ? », tel est le message qui résonne après cette longue nuit qui a vu les dirigeants grecs capituler sur tous les points importants alors qu’ils venaient d’obtenir un mandat populaire clair pour n’en accepter aucun. Le paradoxe est tellement énorme qu’il souligne encore plus la puissance de la sphère financière. Il montre aussi que celle-ci est au-dessus des peuples et des parlements. Elle affirme sans ambigüité qu’en dehors d’elle, il n’y a point de salut.

Il y avait quelque chose de pitoyable à voir Alexis Tsipras déclarer : « J’assume la responsabilité pour un texte auquel je ne crois pas ». N’est-ce pas une autre façon de dire TINA ?

Depuis, la plupart des économistes ont exprimé qu’il s’agit là d’un mauvais accord, qu’il ne résoudra pas les problèmes, qu’il les aggravera probablement et qu’à la fin, l’Europe, dans son ensemble, en fera les frais, non seulement du point de vue économique, mais aussi sur le plan de la cohésion. On voit d’ailleurs aussitôt ressurgir les vieux clichés sur l’impérialisme allemand. Comme toujours, on cherche un bouc émissaire. Mais que le discours TINA s’exprime plus fortement par la bouche d’un Allemand, d’un Finlandais ou d’un autre peuple est, en soi, secondaire. De toute façon, il s’exprimera. Et ce sont bien tous les chefs d’États de la zone Euro qui se sont félicités d’être parvenus à un accord. Ils l’ont tous voulu, même Alexis Tsipras. Car tous en étaient arrivés à la même conclusion : There Is No Alternative.

Le pire est qu’ils ont raison. Tant que l’on reste dans le cadre imposé par le système financier, il n’y a pas d’autres possibilités. Ceux qui prétendent le contraire, ceux qui pensent que l’on pourrait prendre telle ou telle mesure, que l’on pourrait tempérer les exigences de la finance, tous ceux-là rêvent comme rêvaient les députés de Syriza lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir. Car ce pouvoir-là sera toujours celui des impuissants qui devront finalement rabaisser leurs prétentions.

Alors, faut-il se lancer dans la fuite en avant, comme le fait le président François Hollande en réclamant un gouvernement de la zone Euro ? À l’en croire (il n’est pas le seul), le problème viendrait d’un déficit de démocratie et de gouvernance démocratique. N’est-on pas en plein surréalisme ? Voilà un président qui a dû lui-même capituler devant la logique financière et qui prétend que l’on ferait mieux si l’on essayait à l’étage au-dessus ! Si les fondations d’un édifice sont inappropriées au terrain et que survient un choc sismique, on peut chercher refuge dans les étages supérieurs. On ne fera que tomber de plus haut !

Mettons-nous en face de la réalité : le problème ne sera jamais réglé par le seul jeu démocratique, si l’on ne résout pas simultanément celui de la finance. Le gouvernement grec vient d’en donner un nouvel exemple. Il avait toutes les cartes démocratiques en main et il a perdu.

Mais quel est le problème posé par la finance ? Il est d’une simplicité étonnante. Il ne se présente pas en termes d’équations complexes ou de courbes sophistiquées. La sphère financière pose problème parce que nous avons besoin d’elle. Nous ne savons pas faire sans elle.     Que nous tentions d’aller à son encontre, de prendre des mesures qui la contrecarrent, elle nous dit : « Très bien, allez-y ! Mais les capitaux vont s’enfuir. Vous n’en aurez plus. Et quand vous en réclamerez, ils reviendront, mais à un taux plus élevé et avec des conditions plus difficiles à tenir. ». Ce discours est invariant et suffit à remettre au pas n’importe quel chef de gouvernement.

La question qui se pose donc est la suivante : n’y aurait-il pas une autre façon de financer l’activité économique ? Sera-t-on toujours dépendants des capitaux accumulés ? Pour répondre à cette question, il convient d’observer que ces capitaux résultent d’actes passés, qu'ils proviennent de l'épargne ou de la spéculation. Au moment où ils viennent s’investir dans un nouveau projet, ils n’apportent aucune garantie quant à la réussite de celui-ci. Ils peuvent tout aussi bien être engloutis si l’entreprise tombe en faillite. En ce sens, ils n’offrent rien de plus que des fonds qui proviendraient d’une création monétaire, comme cela se produit lors d’un prêt bancaire. Dans ce dernier cas, si l’entreprise se développe, le prêt est remboursé après quelques temps et la dépendance de l’emprunteur vis-à-vis du prêteur s’éteint d’elle-même, ce qui n'est pas le cas avec le capital d'entreprise qui demeure la propriété des investisseurs. Par essence, les capitaux résultant d’une accumulation n’apportent rien que le prêt bancaire ne puisse faire. Par contre, ils possèdent un pouvoir de coercition contre lequel tout autre pouvoir se révèle impuissant.

Prendre en compte ce fait nous conduit à une toute nouvelle approche du système bancaire et de la monnaie. Les capitaux provenant de l’épargne et de la spéculation créent une dépendance envers le passé. Nous devrions nous tourner vers ce que j’appelle une monnaie orientée futur pour tout ce qui concerne le financement de l’économie que ce soit celui des entreprises ou celui de l’État. Cela suppose une redéfinition des fonctions de la banque.

En tout premier lieu, une séparation entre les dépôts et les virements, d’une part ; les financements, d’autre part. Les premiers correspondent à la circulation monétaire courante que l’on peut nommer la Monnaie de Consommation et qui serait gérée par les Banques de Monnaie de Consommation. Les deuxièmes représentent la Monnaie de Financement et l’on peut appeler Instituts de Financement les institutions qui gèreraient ce deuxième circuit. Les règles qui détermineraient le fonctionnement de ces deux types d’institutions découleraient de la nature même de chacune de ces circulations.

Au fond, il s’agirait d’aller beaucoup plus loin que le fameux Glass-Steagle Act de 1933[4], que l’on a exhumé lors de la crise des subprimes et que l’on s’est empressé d’enterrer à nouveau. Pourtant le problème demeure et la crise grecque vient nous le rappeler. Les questions qu’elle pose sont beaucoup plus fondamentales que ne se l’imagine la pensée courante. Nous n’avons pas su les aborder de face en 2008 ; elles réapparaissent, sous une autre forme, dans le psychodrame européen actuel. Elles le feront encore et toujours dans d’autres crises qui se profilent déjà.

Nous n’avons pas d’autres choix que de mettre à plat notre conception ancienne de la monnaie et d’en édifier une nouvelle qui découle de ce que nous enseignent les évènements eux-mêmes, si l’on veut bien les écouter. A titre d’exemple, prenons la situation des banques grecques. Il est prévu de les recapitaliser pour un montant de 25 milliards d’Euros qui seront prêtés à la Grèce, avec des intérêts à payer qui viendront encore alourdir le budget de ce pays. Ces 25 milliards sont débloqués pour éviter la faillite des banques. Ils devraient permettre que ces établissements restaurent la confiance des déposants et évitent les retraits massifs et la fuite des capitaux. Ils ont aussi pour but que les banques fassent des prêts aux entreprises et aux particuliers, facilitant ainsi un redémarrage de l’économie grecque.

Examinons ces deux points à partir d’une conception nouvelle de la monnaie :

  1. Concernant le financement de l’économie réelle, nous avons vu qu’il devrait se faire sur la base d’une monnaie orientée futur, c’est-à-dire avec une création monétaire à 100 % faite par les Instituts de Financement dont nous avons parlé[5]. Ce sont les qualités des projets des entreprises grecques qui font que les prêts seront remboursés. Si le personnel des Instituts de Financement évalue correctement la faisabilité de ces projets, le maximum de défauts de remboursements des entreprises travaillant dans l’économie réelle devrait être inférieur à 5 %. Autrement dit, le solde des prêts qui fonctionnent est largement excédentaire. Mais, pour que l’ensemble de la monnaie soit en équilibre, toute création monétaire par le prêt doit être suivie d’une destruction monétaire laquelle a lieu au moment du remboursement de ce prêt. Il faut donc prévoir la destruction des prêts qui ne seraient pas remboursés par les entreprises grecques. Si le taux de remboursement est supérieur à 95 %, une mutualisation est possible et une technique d’assurance permettrait que les Instituts de Financement recouvrent la totalité de leurs prêts.

Du point de vue de l’économie réelle, il est donc possible de mettre au point de nouvelles méthodes bancaires permettant le redémarrage de l’économie grecque. Il n’est pas nécessaire de faire appel à un financement européen et d’y impliquer l’État grec qui a déjà assez à faire pour ne pas se charger davantage avec ces 25 milliards. Le rôle du gouvernement grec pourrait se limiter à favoriser la naissance de tels Instituts de Financement soit en permettant à des acteurs de la société civile de les créer, soit en réquisitionnant une partie des banques existantes et en leur demandant de fonder des instituts indépendants. Dans les deux cas, ces nouveaux établissements devraient avoir un statut de service public que nous ne détaillerons pas ici.

 

  1. Concernant les retraits massifs de capitaux, il conviendrait, là-aussi, de revisiter notre conception de la Monnaie de Consommation. Il me faudrait beaucoup plus qu’un article pour examiner les différents aspects de la question. Pour illustrer l’un d’entre eux, revenons en Grèce, dans une situation concrète et bien actuelle. Prenons le cas de madame Alpha ou de monsieur Lambda. Ils ont travaillé tout le mois de juin et ont reçu chacun un salaire de 1.000 € qui ont été virés sur leurs comptes, le dernier jour du mois. À compter du 1er juillet, la banque reste fermée et ils ne peuvent retirer que 60 € au distributeur. Ils entendent des discussions vives, dans la rue. Certains prétendent que la banque n’aurait plus d’argent. Mais comment est-ce possible, se disent-ils ? Le virement est bien arrivé. L’argent est sur mon compte. Comment la banque ne l’aurait-elle plus ?

Un lecteur averti sourira d’une telle naïveté. Pourtant, il y a plus de bon sens qu’on ne le pense dans cette réaction de Mme. Alpha et de Mr. Lambda. Elle contient même la solution d’un des problèmes majeurs du système bancaire. On s’en est approché au moment de la crise des subprimes, lorsque l’on a reparlé du Glass-Steagall Act évoqué plus haut. Mais même au niveau de la recherche, le fond du problème n’a pas été, à ma connaissance, suffisamment abordé. Car si la banque de Mme. Alpha et de Mr. Lambda ne s’occupait que de la gestion des dépôts et des virements, elle ne pourrait pas être dans la situation actuelle des banques grecques. Elle serait une simple chambre d’enregistrement des entrées et des sorties sur les comptes des déposants. Autrement dit, elle ne s’occuperait que de l’argent que l’on utilise tous les jours et que j’appelle la Monnaie de Consommation. On éliminerait ainsi toute possibilité de Bank run. En effet, si une Banque de Monnaie de Consommation venait à cesser son activité ou même à faire faillite, les comptes des déposants seraient transférés dans un autre établissement, exactement comme dans le cas d’une entreprise qui change d’expert-comptable. Sa comptabilité passe d’un cabinet à l’autre, sans que les comptes en soient affectés.

 

En partant de faits simples, nous en arrivons à voir la fonction de la monnaie dans ce qu’elle devrait être par essence : une comptabilité. Elle donne un reflet de ce qui se passe dans l’économie réelle, lorsque l’on produit, vend et achète. Sitôt qu’elle va au-delà de ce rôle (lorsqu’elle entre dans la sphère de la spéculation), elle devient elle-même marchandise, au lieu de se limiter à n'être qu'instrument de mesure. En quelque sorte, elle devient juge et partie. Elle perd sa neutralité et est soumise à des variations, comme un mètre qui serait influencé dans sa longueur selon qu’il mesure un tissu, du bois ou du métal.

Mais que comptabilise la monnaie ? Elle comptabilise des droits à consommer. Que j’utilise un billet ou une carte bancaire pour payer un achat, le vendeur et moi sommes inscrits dans un ensemble de règles et de conventions liées à l’unité de compte que nous utilisons, l’Euro par exemple. Nous sommes donc dans le domaine du droit.

Si l’on saisissait ainsi la nature de la monnaie, en tant que droit à consommer, on réaliserait que la question de la sortie de la Grèce de la zone Euro est une question qui a été mal posée. De même que la Grèce, en tant que membre de l’Union Européenne, a droit à la libre circulation des marchandises, de même elle a droit à l’utilisation de l’Euro en tant qu’unité de compte. La Grèce a-t-elle fabriqué de la fausse monnaie ? A-t-elle triché avec les règles de l’Euro, en tant que Monnaie de Consommation ? Non ! Les problèmes économiques et financiers viennent d’une autre circulation monétaire, celle qui a affaire avec le financement de l’activité économique. Or les deux circulations, celle de la Monnaie de Consommation et celle de la Monnaie de Financement sont toujours ramenées à une seule. C’est bien visible dans le système bancaire et c’est ce qui cause la désorganisation d’une économie, notamment celle de la Grèce. Cette circulation unique influence la façon dont la crise grecque est abordée au niveau des pays de la zone Euro. La dette grecque a affaire avec la Monnaie de Financement. La question devrait être traitée pour elle-même. La lier à l’appartenance à la zone Euro est un non-sens monétaire dû au fait que la monnaie n’est pas considérée comme une unité de mesure, c’est-à-dire comme relevant du domaine du droit[6].

Si l’État Grec fait défaut sur sa dette, cela ne doit pas empêcher de comptabiliser en Euros les achats de Mme Alpha. Si cette comptabilisation se fait dans le respect des règles, il n’en résultera aucun dommage pour la zone Euro. Bien au contraire, il est dans l’intérêt des entreprises appartenant à cette zone de pouvoir continuer à commercer avec les entreprises grecques, dans de bonnes conditions. En réalité, la zone Euro n’aurait aucun intérêt à un Grexit. Elle aurait tout à y perdre.

Alors comment en sortir ? Plutôt que d’endetter la Grèce avec la recapitalisation de ses banques, les pays européens auraient meilleur temps d’aider le gouvernement grec à mettre en place des Banques de Monnaies de Consommation ayant un statut de service public. L’opération pourrait se faire par reconversion d’une partie de l’infrastructure bancaire existante en unités autonomes, sans but lucratif. Leur comptabilité relative à leurs propres dépenses et recettes serait totalement séparée de celle des comptes des déposants. J’en décris le fonctionnement en détail dans mon livre Dépolluer l’économie[7].

D’autres mesures concerneraient le statut des bénéfices des entreprises et les loyers. Elles sont décrites dans la vidéo 4 mesures pour sauver la Grèce[8]. Chacune suppose de revisiter la conception que l’on a de ces notions.

Dans cet article, j’ai voulu attirer l’attention sur une méthode d’approche de la question posée par la situation grecque. Le problème est de nature systémique et se révèle très profond. En réalité, il touche l’ensemble des pays du monde, notamment ceux de la zone Euro. L’aborder par une réflexion systémique consisterait à dire : la monnaie commune est en difficultés. Est-ce le mot commune qui est le problème, comme beaucoup le croient, ou bien est-ce le mot monnaie ? 

 

---

[1]      Michel Laloux est économiste et philosophe de l'éducation. Ses recherches portent sur de nouvelles formes sociales dans lesquelles la société civile joue un rôle central. Il a publié, entre autres, La Démocratie Évolutive, Éditions Yves Michel et Dépolluer l'économie (cf. note 5). Plus de détails sur le site : www.democratie-evolutive.fr

[2]      L’expression est de Naomi Klein. Voir son livre La stratégie du choc, Edition Leméac/Actes Sud,

[3]      Il n’y a pas d’alternative.

[4]    Aux Etats-Unis, le Banking Act de 1933, connu sous le nom de Glass-Steagall Act imposait, notamment, une séparation entre les métiers de banque de dépôts et de banque d’investissements. Peur respecté, surtout à partir de 1970, il a été abrogé en 1999, sous la présidence de Bill Clinton.

[5]      Notons que, selon les accords de Bâle III, les banques traditionnelles vont de toute façon jusqu’à créer 90 % de la monnaie qu’elles prêtent.

[6]      C’est cette confusion sur la nature de la monnaie qui fait que plusieurs économistes pensent que la Grèce aurait intérêt à sortir de la zone Euro. Selon eux, elle aurait alors la possibilité d’utiliser la dévaluation comme variable d’ajustement des déséquilibres de son économie. Un tel raisonnement est analogue à celui qui consisterait à dire que pour remédier au réchauffement de la planète, il suffirait de modifier les thermomètres. Il semble que l’on n’ait pas tiré toutes les leçons de l’échec de Bretton Woods.

[7]      Michel Laloux, Dépolluer l’économie – Tome 1 : Révolution dans la monnaie, Démocratie Évolutive 2014.

[8]      4 mesures pour sauver la Grèce, http://youtu.be/-kwXy5rLMuo.

 

 

Liste d'articles et vidéos liés au thème de l'argent et/ou la dette : 
> La monnaie de DEMAIN - (2016) - Michel Laloux
> Révolutionner la monnaie pour une économie au service de la société. Il y a-t-il un lien avec les monnaies locales ? Vidéo ***
(2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo *** - Michel Laloux
> Monetary solutions for a Europe in crisis - (2015)
 - Michel Laloux
> Solutions monétaires pour une Europe en crise (ARTICLE) - (2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo ***
- Michel Laloux
> Révolution dans la monnaie
(2014) - Stéphane Lejoly
> Groundbreaking and revolutionairy ideas in the monetary system - (2015) - Stéphane Lejoly
> L'argent alternatif - Contrôler la croissance (2004) - Sylvain Coiplet
> La Nef et l’économie sociale et solidaire. Vraies alternatives pour l’économie de demain (2013) - Martin Bernard
> Crise de la dette: un déficit de la pensée économique ? (2012) - Michel Laloux
> Comment dépolluer l'économie ? Vidéo*** - (2013) - Michel Laloux
> Cerner la nature de l’argent : un des enjeux majeurs de la catastrophe chypriote (2013) - Stéphane Lejoly

Articles sur d'autres sites :, avançant des concepts proches :
> Supprimer l’intérêt, et réformer le système monétaire - Martin Bernard

 

AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base
(voir la bibliographie sommaire).

 

Cet article Licence Creative Commonsest mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.  Vous n'avez pas le droit d'en faire une utilisation commerciale, ni de le modifier, de l'adapter ou de le transformer.  Toutefois, vous êtes libres de partager, reproduire et communiquer le présent article, à la condition de mentionner sa source (le site www.tri-articulation.info et le cas échéant, l'auteur de l'article), sans suggérer que vous ou votre utilisation de l'article êtes approuvés.  N'importe laquelle des conditions ci-dessus peut-être levée, si vous avez l'autorisation du titulaire des droits.

 

 

Publié dans Articles/Actualité

 

La volonté du peuple grec exprimée dans les urnes a-t-elle des chances d’être entendue par l’Europe ?
Négociations, tractations … deux pas en arrière, un pas en avant ! La Grèce a-t-elle une chance d’obtenir plus que des victoires à la Pyrrhus ?
Pour Michel Laloux, la réponse est non, sauf à changer de logique et à oser prendre les mesures qui la rendraient indépendante de la sphère financière.
Découvrez les 4 mesures proposées par Michel Laloux dans cette vidéo.

 

 

          

0:07 - Le constat, le défi

2:02 Quels choix pour le Gouvernement grec ?

3:34 La situation actuelle : une opportunité.
Il s'agit maintenant de prendre des mesures pour se rendre indépendant de la sphère financière et dès lors ne plus être sous le joug d'une formule qui bloque toute évolution : "Si vous faites comme cela, les capitaux s'en vont".

7:10 S'il y a dépendance vis-à-vis de l'argent accumulé dans le passé... la situation est insoluble.

7:30 Il s'agit dorénavant d'introduire de nouvelles possibilités, en commençant par quatre axes essentiels.

8:00 (1) Sécuriser les dépôts des épargnants en séparant les dépôts bancaires du bilan des banques. L'argent, la monnaie, ne devient plus qu'une simple unité de compte, un enregistrement comptable géré par la banque comme le ferait un cabinet d'experts comptables.

15:48 (2) La notion d'intérêt est aujourd'hui en train de s'annuler d'elle-même. Il faut maintenant instaurer le prêt à taux zéro et rendre l'intérêt illégal.

18:30 Un enjeu essentiel consiste à se libérer de l'illusion, du mythe, de devoir s'adosser à du capital pour pouvoir emprunter. Cela est possible en tournant la monnaie résolument dans une autre direction: le futur et non plus le passé. Ce qui fait la valeur d'un prêt, c'est ce qui va advenir au moyen de ce prêt, ce n'est pas l'argent accumulé dans le passé.

21:20 Des instituts de financement gérés par la société civile peuvent être créés, gérant l'argent prêté dans cet esprit (évaluant les projets et leur développement futur), bien sûr avec des règles très précises.

23:19 La Grèce pourrait se sortir de la situation actuelle, en créant sous des conditions bien déterminées, l'argent dont elle a besoin.

24:24 (3) Orienter les profits des entreprises vers l'économie réelle.
Une question irrésolue : à qui appartiennent les profits ?
La vraie question serait plutôt : la propriété du capital peut-elle avoir une durée indéterminée, infinie ?

26:04 Au fond, le capital est de l'argent de prêt.
Le capital trouve son origine dans l'ensemble de la vie sociale (éducation, système de santé, infrastructure, etc.) pas seulement auprès des détenteurs de capitaux ou des travailleurs.
Il s'agirait dès lors de modifier le statut du capital-action (par l'intermédiaire des instituts de financement) pour en faire uniquement de l'argent de prêt qui s'éteint après usage-remboursement.

31:10 Des fonds de monnaie de contribution sont à créer qui collectent l'argent excédentaire issu des entreprises (une partie des capitaux en surplus générés par leurs activités) pour l'orienter vers cette partie de l'économie qui est la plus dynamisante pour l'économie et la plus créatrice d'emploi : le secteur non marchand (éducation, culture, santé...).

31:01 (4) Si l'économie est relancée, les loyers vont augmenter et les bénéfices de cette relance seront perdus car absorbés par cette augmentation. Un autre problème de fond se pose aussi : l'économie doit continuer à repayer à plusieurs reprises des logements qui ont déjà été payés une première fois (au moment de leur construction). Ceci impacte négativement l'économie (enchérissement de la vie) et assèche même les moyens financiers requis pour construire davantage de logements.
Une nouvelle mesure à prendre à court terme : bloquer les loyers.

35:24 Si on veut sortir de la crise, du chaos et de ce tsunami qui dévaste tout sur son passage (pas seulement en Grèce, il atteint progressivement le monde entier), il est INDISPENSABLE de faire du neuf. La créativité EST dans la société civile. Il faut lui laisser les moyens de la mettre en oeuvre. Il faut aller vers un fonctionnement entièrement nouveau de la société, aussi bien dans le domaine de l'économie que celui de la démocratie.

 

Du même auteur et vivement recommandé, le livre suivant accessible via le site http://www.democratieevolutive.fr : Dépolluer l'économie - Tome 1 - Révolution dans la monnaie.

Une description de ce livre, incontournable pour comprendre les dysfonctionnements du système monétaire et de la monnaie, et surtout des remèdes opérationnels, est accessible sur le présent site en langue française : Révolution dans la monnaie.

Pour les autres articles, conférences et séminaires du même auteur, voir notamment la liste ci-dessous.

 

Liste d'articles et vidéos liés au thème de l'argent et/ou la dette : 
> La monnaie de DEMAIN - (2016) - Michel Laloux
> Révolutionner la monnaie pour une économie au service de la société. Il y a-t-il un lien avec les monnaies locales ? Vidéo ***
(2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo *** - Michel Laloux
> Monetary solutions for a Europe in crisis - (2015)
 - Michel Laloux
> Solutions monétaires pour une Europe en crise (ARTICLE) - (2015) - Michel Laloux
> Quatre mesures pour sauver la Grèce. Vidéo ***
- Michel Laloux
> Révolution dans la monnaie
(2014) - Stéphane Lejoly
> Groundbreaking and revolutionairy ideas in the monetary system - (2015) - Stéphane Lejoly
> L'argent alternatif - Contrôler la croissance (2004) - Sylvain Coiplet
> La Nef et l’économie sociale et solidaire. Vraies alternatives pour l’économie de demain (2013) - Martin Bernard
> Crise de la dette: un déficit de la pensée économique ? (2012) - Michel Laloux
> Comment dépolluer l'économie ? Vidéo*** - (2013) - Michel Laloux
> Cerner la nature de l’argent : un des enjeux majeurs de la catastrophe chypriote (2013) - Stéphane Lejoly

Articles sur d'autres sites :, avançant des concepts proches :
> Supprimer l’intérêt, et réformer le système monétaire - Martin Bernard

 

AVERTISSEMENT : la question sociale est en soit très complexe.  Les concepts de la triarticulation sociale (encore appelée tripartition sociale ou trimembrement social) constituent un outil pour en saisir l'essentiel, et sur cette base, pour en comprendre les détails et agir localement.  Les divers auteurs des articles publiés sur ce site tentent de les expliciter et d'en proposer des applications pratiques.  Leur compréhension du trimembrement de l'organisme social est susceptible d'évoluer avec le temps.  Les auteurs peuvent évidemment aussi se tromper dans leurs interprétations.  Le risque d'erreur fait partie de toute démarche de recherche!
Nous ne pouvons dès lors qu'inviter les lecteurs à prendre connaissance des concepts à leur source, c'est-à-dire dans les ouvrages de base
(voir la bibliographie sommaire).

 

Cet article Licence Creative Commonsest mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.  Vous n'avez pas le droit d'en faire une utilisation commerciale, ni de le modifier, de l'adapter ou de le transformer.  Toutefois, vous êtes libres de partager, reproduire et communiquer le présent article, à la condition de mentionner sa source (le site www.tri-articulation.info et le cas échéant, l'auteur de l'article), sans suggérer que vous ou votre utilisation de l'article êtes approuvés.  N'importe laquelle des conditions ci-dessus peut-être levée, si vous avez l'autorisation du titulaire des droits.

 

 

Publié dans Articles/Actualité
Page 1 sur 2